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Pérégrinations hebdomadaires

Échange de vœux occasion de se rappeler obligations et efforts

 

La structure de la République établit un ordre protocolaire. Lors des dates charnières de l’année (toni-taona) la tradition du pays fait devoir à tous de saluer parents et aînés, de se féliciter de leur présence et de leur adresser des vœux à charge pour ceux-ci de rendre la pareille en accompagnant leur remerciement de bénédiction et de souhait.
La disparition de la grand-messe de fin d’année décidée par le Chef de l’État, a créé un vide et permis aux membres des grandes institutions de prendre l’initiative de frapper aux portes du Raiamandreny du peuple dans l’intention de présenter leurs vœux au couple présidentiel. On pourrait chercher dans cette démarche une interprétation pusillanime pour en en relever une contradiction avec la constitution, en la situant dans le cadre de la disposition faisant interdiction au président de la République de prendre l’initiative de s’adresser directement au pouvoir législatif, ce qui n’est pas le cas. Il s’est agi non d’un geste de soumission style celui d’un vassal répondant à la convocation de son suzerain mais d’un acte de savoir-vivre citoyen, du reste ce sont des députés et leur présidente en tête et non le chef de l’éxécutif qui en ont eu l’initiative. Là se situe la nuance qui différencie des rencontres avec les chefs et membres du législatif que l’ex Rajaonarimampianina a organisées en son temps et que la majorité actuelle n’avait pas manqué de critiquer.

Quand des personnes partagent la même passion

Dans l’agenda des audiences du locataire d’Iavoloha, les membres de la Haute Cour Constitutionnelle conduits par leur président Eric Rakotoarisoa avaient brûlé la politesse aux députés et à leur présidente. Parler politique n’étant pas du tout de mise entre les gens d’Ambohidahy et le président de la République, les échanges ont concerné uniquement l’objet de la visite, l’échange des vœux. Pour respecter les convenances une vingtaine de minutes ont largement suffi à y procéder pour ne pas donner d’un côté comme de l’autre l’impression de n’effectuer qu’une simple formalité.
Le cas diffère sensiblement  lorsqu’il s’est agi de recevoir ces messieurs-dames de Tsimbazaza. Dans l’esprit du protocole , c’est au Président de la République que l’on rend visite, raiamandreny du peuple celui-ci ne reste pas moins le compagnon-chef du combat mené en commun avec ceux qui sont devant lui en ce jour. Avec chacun d’eux se sont tissées des relations plus ou moins particulières parfois familières. Au-delà de la sévérité de l’ordre protocolaire, nul besoin de recourir à des faux-fuyants tel parler de la pluie et du beau temps pour dégeler l’atmosphère, d’autant plus que l’opposition parlementaire a trouvé de beau ton l’idée de boycotté cette démarche pourtant dans le respect autant de l’esprit républicain que des valeurs traditionnelles.
Évidemment dans ces circonstances, quel que soit l’esprit qui se trouve derrière l’interdiction faite à la Présidence de la République de ne pas provoquer une rencontre directe avec l’Assemblée Nationale, (ce qui n’est pas le cas stricto sensu en ce jour), au nom des députés la présidente de l’Assemblée Nationale après avoir formuler les vœux au raiamandreny n’a pu se défendre d’émettre des souhaits d’ordre politique apparemment en faveur des députés, dont elle n’avait manifestement pas conscience de l’effet boomerang, genre de demande nuisible à l’équilibre des pouvoirs. Donner, donner, donner…typique des chansons dont doivent s’abstenir les députés.

À Tsimbazaza les députés !
Le rôle et les responsabilités dont ont charge les représentants du peuple sont bien déterminés dans les textes. S’ils sont élus à l’échelle des districts et qu’ils ont en retour l’obligation de rendre compte aux électeurs de leur circonscription respective, leur action a vocation de revêtir exclusivement une dimension nationale, et en principe ils doivent veiller à ne pas donner aux décisions adoptées par l’Assemblée Nationale des colorations régionales. La tendance que manifestent certains députés à se mêler des affaires de la circonscription qui les a élus, peut devenir source de conflit de compétence avec les élus ayant vocation locale dans le schéma de décentralisation. Même élu d’une circonscription le député est un représentant du peuple indivisible. Du reste ils ne se privent pas d’en réclamer le bénéfice, style le droit à un passeport diplomatique. De plus le cumul de genres ne saurait servir de formule idéale pour le développement : pouvoir législatif à l’échelon national, voulant partager au niveau du district le pouvoir exécutif pour l’utilisation des fonds d’investissement. Afin d’éviter tout soupçon quant à une tentative de faire un procès d’intention il faut prêter à ces crédits toute une série de dispositions destinées à en sécuriser l’utilisation. Toutefois il y a des élus qui ont vocation à administrer les collectivité locales, sans besoin de l’ingérence des élus qui ont mission à répercuter les voix de leurs électeurs dans le concert de la voix du peuple. Intéresser ces derniers dans la gestion des fonds d’investissements n’aurait de sens qu’à leur fournir des moyens pour dresser des bilans mettant à leur compte la construction de tels ou tels ouvrages, arguments électoralistes. Alors que ces charges et avantages son dévolus en toute logique aux seuls élus locaux.

Léo Raz                   

 

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