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Pérégrinations hebdomadaires: réévaluation des challenges

Qui est maître de l’horloge ? Le peuple ! Les plus optimistes se trouvent face à l’obligation de constater combien le peuple a la dent dure. La bouderie qu’elle a exprimée par un taux ridiculement bas de participation aux municipales rappelle qu’au mieux on peut parler de convalescence. Au quotidien au réveil elle a toujours la gueule de bois, non d’avoir été repue suite à des soirées festives, au contraire pour s’être couchée l’estomac vide la tête pleine d’amertume sans perspective de lendemain prometteur.

Certes depuis la présidentielle, à l’horizon apparaissent des éclaircies mais les nuages tardent à se dégager, le soleil joue toujours à cache-cache avec cynisme et injustice, voilé pour les uns, éblouissant de rayons éclatants quelques rares privilégiés. À bien y réfléchir pareilles circonstances ne pouvaient favoriser un retour en grâce de la chose politique au regard de la population, quelle naïveté de la part des bien-pensants que de s’être attendus à une guérison miracle qui se serait manifestée par une participation massive aux urnes.

Les gens serrent les dents, pour l’instant la vie ne leur sourit pas et les gens lui rendent la pareille. Si la population n’a tout à fait perdu ni le sourire ni le rire, cela ne signifie ni son insensibilité à la cruauté de son sort ni une crédulité à encore baser des espoirs sur des promesses.
Désormais les peuples exigent de ceux qui prétendent les «avoir entendus» de concrétiser ce qu’ils disent avoir cru entendre. La population d’Antananarivo semble ne pas avoir fait exception en exprimant par son inertie lors de cette élection  qu’elle attend de l’élu qu’il fasse les premiers pas.

La même valse

La population qui a reçu la visite des candidats sur leurs lieux d’habitation dans les fokontany a réservé à chacun un accueil personnalisé en mode attente «montre qui tu es, alors nous dévoilerons ce que nous attendons de toi». Dans cette discipline, candidat, Naina Andriantsitohaina a effectué une des meilleures performances ayant peut-être même établi des records, les habitants percevant la personnalité de l’homme auquel ils avaient à faire ont vite su sur quel ton entreprendre les échanges. Le registre naturel a permis de partager des moments de sincérité les uns pour dire les problèmes, lui pour dévoiler les solutions qu’il a étudiées. Rendez-vous a été donné, non entre candidat et électeurs mais entre maire et administrés. Les promesses de se retrouver faisaient l’impasse sur l’épreuve des élections, sautant de la rencontre avec le candidat lors de la campagne à celle du fokonolona avec Monsieur le Maire aux lendemains des élections. Il n’y a pas eu tromperie sur la marchandise de la part de la population, certes tout n’a pas été exprimé de façon expresse mais le ton badin invitait en filigrane à lire entre les lignes à déchiffrer les ellipses. Le changement intéressait la population, continuer la route avec Naina Andriantsitohaina comme maire avait leur préférence, mais voter était sorti de la sphère de leurs us. Seulement ils entendent qu’une fois maire Naina Andriantsitohaina prenne les choses en mains, avec le même regard, en préservant ce flair lui assurant de sentir le sens des choses, en pratiquant la même écoute pour être au diapason.
La majorité de la population, au-delà du désintérêt voire du mépris pour l’élection exprimé par un taux excessivement élevé d’abstentions, a semblé avoir pris cause pour Naina Andriantsitohaina mais ne s’est pas déplacé vers les urnes pour autant. Rude a été le combat, rehaussé d’autant se trouve le challenge. Dans cette perspective il est à parier que Naina Andriantsitohaina en maintenant le cap à entreprendre tous les chantiers qu’il a annoncés, entend faire d’une pierre deux coups, le second étant le challenge de réconcilier la population avec la chose publique.

Si j’étais caricaturiste

La panique envahit le monde des prédateurs, de cette engeance la Commune Urbaine d’Antananarivo n’en manque pas. On ne s’invente pas prédateur comme ça en claquant des doigts. De leurs vices ils ont les dons, les uns les ayant travaillés plus que d’autres ne l’ont fait. Généralement ce don se caractérise par la ruse à la base. Si ils ont un flair aigu pour sentir de loin l’odeur d’une proie c’est souvent parce que l’odeur de la mort flatte particulièrement leur odorat. Ça ne fonctionne pas en sens unique, en retour ils ont un instinct développé du danger qui les menace et craignant la mort au moindre signe ils utilisent leur meilleure ressource, la ruse, pour éloigner les menaces.
Ainsi on imagine tous les rongeurs qui vivaient des prébendes illicites prélevées sur le fromage CUA, ça en est devenu le mécanisme de fonctionnement du système. Avant la CUA représentait une énorme roue de fromage que grignotaient mille et une souris. Actuellement à l’annonce d’un maire qui a promis de mener la chasse aux ripoux et à la pourriture, du fromage il ne reste plus que crottin au milieu d’une salle dont les murs sont percés de mille trous d’où dépassent des queues de rats en fuite alors que dans certains on voit luire des yeux apeurés de souris qui guettent l’arrivée des assainisseurs. Ça va pulvériser à tout va.
Si l’assainissement s’annonce indispensable et prioritaire, conditionnant la réussite des cent et dix chantiers à entreprendre, l’opinion s’interroge sur la réserve de compétence dont dispose la population pour permettre à Monsieur le Maire d’opérer les embauches indispensables à assurer un fonctionnement sain de l’appareil municipal.


Léo Raz       

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