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Chronique: entre obligation et liberté

Des puristes soutiennent l’idée que pour une conformité logique avec le principe de la démocratie le vote doit être une obligation, que s’abstenir de le faire constitue une infraction nécessitant la sanction par une peine. Seulement de son côté la liberté représente une vertu cardinale dans ce système, et que de toute manière le vote ne trouve toute sa valeur qu’en permettant le choix d’exprimer une voix contredisant le sens même de l’élection en question ou d’exprimer une voix dénonçant l’offre insuffisante de celle-ci à présenter toutes les possibilités de solution. L’abstention pourrait ne pas être une simple manifestation de la liberté à ne pas faire son devoir quelle qu’en soit la raison, elle pourrait tout autant exprimer une volonté sanctionnant l’organisation de l’élection en question, soit en raison d’une insuffisance des offres présentées propres à satisfaire tel ou tel électeur, soit à cause de l’inopportunité qu’il juge à propos du sens ou de la tenue de la consultation.

Pour considérer les élections municipales et communales qui se tiennent demain 27 Novembre 2019, difficile de prétendre qu’elles ont été précipitées fixées à des dates anticipant sur le calendrier légal, ou pire qu’elles n’ont pas lieu d’être. En bien d’endroits maints constats d’état catastrophique suffiraient à faire de l’organisation d’élection une obligation, au risque en cas contraire d’une poursuite pour ne pas avoir porté secours à des collectivités locales en danger. Seulement on peut penser que désigner nommément les communes ainsi en danger risque d’influencer des électeurs à propos de leur choix demain, démarche prohibée les 24 heures qui précèdent la tenue des élections, aussi il serait respectueux de s’en abstenir. Cette interdiction s’étend-elle jusqu’à prohiber toute initiative pour mobiliser exclusivement la participation des électeurs en leur rappelant que cette participation conditionne la légitimité dont peuvent se revêtir les élus sortis des urnes ?

Quel qu’en soit l’objet, créer et répandre du tapage écrit, sonore, ou visuel ouvrent sur des possibilités d’exploitation avec mauvaise foi, que l’on ne saurait les tolérer même au nom d’une juste cause. Ce n’est pourtant pas l’envie qui manque tant l’enjeu est important et l’objectif vaudrait la peine, mais quel sens et quelle valeur porterait le fait d’enfreindre la loi sous prétexte de la noblesse d’un combat pour le changement en faveur de l’état de droit ?


Léo Raz        

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