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Chronique : Mission à Ambohitrimanjaka

Délicate épreuve pour les missi dominici 

Calme apparent à Ambohitrimanjaka, les travaux peuvent reprendre dans la zone qui a fait la préférence des dirigeants pour implanter sur les rizières la nouvelle cité «Tanà-Masoandro», appendice indispensable à la ville rendue trop étroite pour abriter décemment la population croissante qui l’envahit. L’unanimité se fait pour reconnaître l’évidence de la nécessité d’une extension pour stopper la dégénérescence d’Antananarivo. Pourtant sur une note d’égoïsme, soit mus par un réflexe naturel à l’instinct de conservation soit poussés par une pensée réactionnaire propre à un esprit conservateur, déplorant l’implantation ayant jeté le dévolu sur leurs terres les propriétaires tentent d’opposer résistance. Une détermination de l’état à poursuivre le projet et la conscience de l’inégalité des forces ont toutefois convaincu les récalcitrants à reconnaître leur cause perdue, «un œuf qui veut se cogner à un rocher» (atody miady…)
Devant le fait en marche la population se résigne, le pouvoir entreprend des gestes d’apaisement, adopte de faire la transparence sur les conditions d’expropriation, dispose de mesures pour en accélérer le règlement. Flotte encore un sentiment de grogne et même inertes demeurent des poches de résistance. Par sollicitude le Président dépêche une délégation pour mettre un peu de sérénité au climat d’un conflit qui n’aurait pas eu lieu d’être si les responsables de la communication avaient précédé d’une campagne d’explication la mise en œuvre du projet.

D’oublier la délicatesse de la mission qui requiert humilité à l’égal de l’honneur qui leur est fait en l’occasion, des membres de la délégation, style de se la péter, n’ont pas résisté à la coquetterie de mener une confrontation en versant dans la polémique occasion de faire preuve de leur supériorité. Plus qu’à arrondir les angles, tentés de faire la démonstration de leur perspicacité ils n’ont eu d’argument qu’à sous-estimer le QI des gens qu’ils avaient à convaincre : terrain glissant ! Dans un combat d’intelligence perdent de leurs atouts et chance ceux qui s’imaginent être supérieurement doués.

Sous leur aspect bonhomme les terriens ayant vite perçu le genre auquel ils avaient à faire, ont attiré les échanges sur le terrain du fihavanana. Une «grande» dame des «envoyés du maître» s’étant emparé de la perche tendue pour s’adonner à un spectacle de jonglerie et d’acrobatie s’est embrochée d’elle même sur une pointe de la perche. D’une insolente prétention elle ne s’est pas rendu compte de s’être accrochée à une chose dont elle a auparavant prêché le contraire : «la sagesse reposant sur le concept de raiamandreny sy zanaka (parents et enfants) n’a pas à être pour n’avoir de sens qu’à infantiliser la population et à mieux la berner» avance-t-elle docte, façon intello comme pour une communication sur la formule de l’eau chaude dont elle a cru venir de réussir la découverte. Quelques minutes après s’appuyant sur la même considération, oiseuse elle surprend à enjoindre ses interlocuteurs « de se plier à la volonté déclarée du Raiamandreny».

L’absence de réponse des «terriens» dit plus que ne l’exprime leur silence, un mépris mêlé de gêne d’avoir à cibler une noble «envoyée du raiamandreny», pathétique pour la culpabilité d’avoir trahi par légèreté l’esprit de la mission.

Léo Raz   

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