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Chronique :liberté, je chante ton nom

Chronique du 25 juillet 2015 : « En 2011, paraissait chez Laterit un ouvrage consacré au «phénomène Mahaleo» dont l’histoire se confond avec  celle de trois générations de Malgaches.  «40 ans d’histoire(s) de Madagascar» défilent au rythme des entretiens avec les sept membres du groupe menés par la journaliste Fanny Pigeaud.  Au gré des témoignages très personnels des chanteurs et des musiciens, on se replonge dans les méandres d’une histoire pas toujours très belle mais ce n’est pas n’importe quelle histoire, c’est la nôtre. Si les Mahaleo racontent l’histoire avec un grand H, ils ne parlent pas d’une seule voix : il ne faut pas chercher de discours consensuel dans leur chant polyphonique. C’est sans doute une des raisons qui font leur succès au pays du consensus érigé en règle de vie. Chaque membre a réussi à suivre sa voie, à s’autoriser une «liberté d’action individuelle» tout en continuant à appartenir au groupe. Ils ont pu traverser les crises et les dissensions et se retrouver régulièrement pour chanter leursprotestsongs avec ceux qui les ont connus lycéens puis avec leurs enfants et leurs petits-enfants. En chantant avec les Mahaleo, c’est un peu de cette liberté que le public se réapproprie et se partage symboliquement entre spectateurs.

«40 ans d’histoire(s) de Madagascar», ce sont nos engouements et nos échecs racontés de l’intérieur, par des chanteurs et des musiciens, amateurs et professionnels à la fois, enthousiastes et désabusés, qui ressemblent à tous ceux qui jonglent entre deux ou trois vies pour survivre dans notre pays en déconfiture. Ce sont nos expériences politiques les plus contradictoires suivies avec une fougue ranimée chaque fois par la magie de la nouveauté.

Aujourd’hui, les Mahaleo continuent de chanter la résistance et trouvent toujours un public enthousiaste. Et alors? Alors il ne faut pas oublier que l’histoire des Malgaches se confond avec celle d’un groupe dont les chansons sont un hymne à la liberté.

07 novembre 2019 : on se sent tous un peu orphelins mais on doit continuer à chanter la liberté.

 

KembaRanavela

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