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Chronique: hypnotiseur endormi

K.O. debout ou seulement somnolant ? Le public peine à reconnaître en la personne actuelle de Marc Ravalomanana le bouillonnant bateleur de foire qui sans maîtriser l’art oratoire possédait le don d’endormir les foules par la prêche de la seule phrase «croyez simplement». La population aurait-elle mûrie ou serait-ce le bonhomme qui se serait décati ? En tous cas l’homme a su au moins prendre, en dernière limite peut-être, l’une des meilleures décisions de sa carrière, celle de ne pas courir le risque d’un autre échec. Décision qu’il a adoptée quand il a su l’identité de l’homme qui il aurait dû affronter, confidence qui vaut le crédit accordé aux indiscrétions.

Ses proches redoutent pourtant que la décision qu’il a prise pour désigner son remplaçant n’a pas favorisé sa sortie par la bonne porte. Nombre des membres du premier cercle d’antan se sont dérobés des rangs du parti, beaucoup se tiennent en retrait, le «dauphin», ravi innocent, semble ne pas se rendre compte du sens de sa mission. Déjà Marc Ravalomanana avait lui-même estimé avoir peu de chance, qu’a donc eu-t-il d’idée derrière la tête pour envoyer à sa place un illustre inconnu, inconnu même des militants dont les rangs se sont pourtant clairsemés, faisant de ce parti davantage un club restreint permettant une familiarité entre les assidus de Bel-Air, siège du parti.

Le patron peut se féliciter de son choix, l’élu n’a pas la carrure de lui porter de l’ombre. Par contre même sans montrer une jalousie pour ce rôle de «sacrifié» désigné pour faire de la figuration en remplacement sur le bûcher, ceux qui restent de cadres s’irritent du procédé de cette désignation ayant foulé les règles de démocratie dont le parti se gargarise de respecter les principes. Avoir fait la démonstration d’une pratique démocratique aurait donné une chance au TIM de survivre. Désormais de son passé de machine de guerre, somme toute un temps efficace, il n’en gardera pas de trace. Les derniers fidèles se réveillent pour se convaincre de ce réflexe témoignage d’une inclination à l’égoïsme : à partir du moment où il ne se trouve plus à la place d’honneur il opte de couper les ailes et les pattes de cet objet  qui ainsi reste son éternel joujou.

Ravi tel le simplet des crèches provençales, le désigné de Ramosé croit hériter d’un pouvoir à marcher sur l’eau alors que le testateur n’a renoncé à ce rôle qu’en ayant pris conscience d’avoir à s’y enfoncer. Ivre à l’avance des honneurs que lui confère le poste sur lequel il s’imagine déjà trôner, le nouveau-venu ne se sent plus et peut-être se fait puant, les habitués du sérail s’en éloignent.


Léo Raz                 

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