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Pérégrinations Hebdomadaires

À travers champs, mines, forêts et tanetys des Régions

Alors qu’incendies et brûlis ravagent tanetys et forêts comme tous les ans en cette saison, alors que l’on pénètre dans cette période dite de pré-campagne précédant des élections qui devraient intéresser la population, la classe politique dissipe l’opinion sur un problème, essentiel certes relatif à la décentralisation, mais complètement hors propos, concernant la manière d’envisager le sujet sans le traiter : la nomination des gouverneurs à la tête des régions.

 

Contenant et contenu de décentralisation

Le flacon, la Région, est bien une collectivité décentralisée, de la décentralisation le contenu actuel peut en épouser la couleur, en dégager l’odeur, mais faute d’avoir été brassé dans la cuve de la démocratie ne peut en avoir la saveur. En l’absence de ce coup de patte que donne chaque population concernée, l’administration de toute collectivité territoriale ne sera qu’une émanation concentrée, pur jus de la centrifugeuse administration centrale. Jusqu’à présent et ce depuis des lustres tel a été le sort réservé aux Régions que tout le monde vantait colonne principale du schéma décentralisation et que chacun pour les avoir redoutées sangsues parasitant l’autorité du pouvoir, les a maintenues paralysées réduites à vivre en bête sans tête. Pour les maintenir vivantes il a fallu les nourrir et tout au long de ces quelques quinze à vingt ans, elles n’ont cessé d’être budgétivores alors que du point de vue résultat difficile d’aligner que des zéros sauf à retenir les mauvaises langues qui parlent du zèle à effectuer certaines œuvres que l’on ne saurait qualifier sans risque de poursuite au motif de relayer des infos toxiques.

Les choses changent en tous cas telle est la volonté déclarée du Président de la République, aussi il serait criminel de vouloir faire capoter les actions qu’il initie parmi lesquelles et pas des moindres la vitalisation des Régions qui jusqu’ici n’avaient de réelle existence qu’à servir de relais politiques au pouvoir central.
Des financements existent, puisqu’il est question de doter chaque région d’un milliard d’ariary. Fallait-il encore attendre avant d’utiliser ces crédits alors que la population fatiguée d’attendre réclame célérité ? On ne va pas revenir à des années en arrière où le Chef de l’État de l’époque fustigeait le déficit de projet abandonnant d’importants volumes de financement à l’inutilité. La volonté de ne plus perdre de temps se heurte aux conséquences de l’inertie durant ces années à avoir fonctionné en s’étant dispensé d’organiser les élections adéquates et indispensables à l’institution de tout système de décentralisation. En pendant à la chanson «chez l’épicier pas d’argent pas d’épice…» le principe «à la maison décentralisation pas d’élection pas de décentralisation». Ceux ne sont pas ceux qui ont commencé à vouloir faire prendre des vessies pour des lanternes, qui peuvent crier au scandale. Un peu de tenue s.v.p., la mémoire courte a déjà joué de vilaines surprises à ces gens là. Ils ont crié aux charrons contre l’interdiction faite à M. Marc Ravalomanana de rentrer au pays, alors qu’il ne s’était agi que d’un effet boomerang. L’interdiction à un citoyen de franchir de l’extérieur vers l’intérieur les frontières du territoire national apparaît tant mesure contre-nature que personne n’y a songé avant Marc Ravalomanana, appliquée la première fois à l’encontre de Pierrot Rajaonarivelo qui venait se présenter contre Ravalomanana… Actuellement si l’on n’organise pas d’élection c’est parce que on ne le peut point, le collège des grands électeurs n’est pas complet, on va seulement élire les maires et conseillers. En attendant on avance et ce n’est pas le fait de baptiser gouverneurs les chefs de régions qui ouvrirait un débat sur l’effectivité ou non d’une décentralisation qui n’en est pas une. Répondre à cette polémique ne fait que vider de sa valeur la démarche actuelle qui a pourtant toutes les chances de faire ses preuves et de servir de modèle. Les prétentieuses démonstrations d’expert qui emplissent d’inepties le vide de justification juridique, apportent de l’eau au moulin des adversaires qui refusent à voir le changement, le nouveau nom en porte le panache. Ils sont liés par un contrat de résultat et un contrat à durée conditionnée. Si ça n’est pas entamer l’ère du changement ?… Laisse couler !!!
Par contre, ne pas laisser flamber la forêt devrait focaliser toutes les attentions.

 

Difficile de reverdir quand le sol ne finit pas de s’appauvrir

Les environs d’Ankarafantsika qui focalisent toutes les attentions actuellement en raison des incendies qui détruisent le peu qui reste d’un parc national et les alentours, constituent un laboratoire immense pour avoir la mesure des effets catastrophiques des brûlis de tanety et des feux de forêts. Les «lavaka», larges et profonds ravins, sillonnent le relief, décorent de balafres le paysage, témoignent de la destruction du terrain. La plaine de Marovoay réputée être l’un des greniers à riz du pays voit sa surface se réduire à grande vitesse d’année en année. Chaque saison de pluie conquiert de nouvelles étendues de rizières à les rendre incultivables les couvrant d’atsanga, une boue sablonneuse stérile que les eaux de pluies drainent des terres calcinées par le feu dénudées de leur couche de protection.

Les campagnes de reboisement risquent de poser problème avant de réussir à reverdir l’image de l’Île Rouge. Le sol a perdu sa chair, peut-être bien qu’il faille reconstituer cette chair avant que les graines et jeunes plants ne prennent racine. De ce fait dans l’histoire la lutte contre les incendies de brousse et de forêts font priorité. La régénération du sol demande du temps, les efforts de reforestation risquent de n’avoir d’effet que celui de cataplasme sur jambe de bois, si auparavant on ne prépare pas le terrain par cette opération, et qu’en attendant on ne parvient pas à arrêter le massacre et que cessent d’augmenter les surfaces de désolation.


Léo Raz    

 

 

    

 

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