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D’avoir su aimer

D’avoir su aimer

Mieux que par des funérailles nationales, par un élan spontané, simples gens, populations en nombre, anciens dignitaires, hauts responsables, en France et dans bien d’autres pays, ont manifesté de profonds ressentis en apprenant le décès de Jacques Chirac. De l’enthousiasme populaire à le saluer s’est dégagé le caractère profondément humain de cette personnalité, une personne avec les contradictions naturelles de la chair dont l’être humain est pétri. Une fois les premières émotions estompées, les conventions ont cédé place à l’art-de-vivre «chiraquien». En pareilles circonstances, il est de bon ton de mettre en valeur les qualités du disparu et au besoin d’en inventer, en tous cas de taire les faiblesses. Tel ne le fut, les médias eux-mêmes ont cédé à l’inclination. Dans les studios de l’audio-visuel les évocations ont été entrecoupées de tranches de «rires bon-enfant», style retrouvailles d’anciens combattants, non pour rire de Chirac mais pour «rigoler» avec Jacques Chirac. À chacun d’évoquer des anecdotes témoignant de l’amour qu’il chérissait : amour de la vie et amour d’autrui. Ses adversaires politiques eux aussi se sont mis au diapason. Un bilan même apparu mitigé a permis de se féliciter des qualités de l’homme  (visionnaire genre : « la maison brûle…» ou mise en garde contre l’initiative de la guerre en Irak au risque d’embraser le Moyen-Orient), et à accepter les faiblesses.

Faible n’est pas un qualificatif qui sied à l’homme. D’un échec il n’en faisait pas  une défaite, jamais défait il s’en relevait plus décidé à poursuivre le combat. À avoir été vaincu, il n’a jamais été vraiment battu s’étant toujours relevé sans n’avoir jamais été définitivement abattu. « Reconnaître en toute humilité avoir chuté pour oser la prétention et trouver la force de s’en relever» : 3 fois Maire de Paris, 2 fois Premier ministre, 2 fois Président de la République. En réponse au duo de ce tableau flatteur et du message d’amour de toute une vie, comme en écho une réaction unanime « sans calcul pour avoir su aimer, sans clivage la population rend la pareille».

Léon Razafitrimo

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