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Serment en sacralisation d’un engagement

Serment en sacralisation d’un engagement

En l’absence d’obligation contraignante à la charge de l’élu contre-partie du vote majoritaire de l’électorat, le contrat qui lie les deux parties  n’a de contrat que le nom. Un vague miroitement de résultat en guise de prestation ne

saurait valoir obligation de résultat encore moins lorsqu’on enrubanne de fallacieuses promesses comme d’un papier-cadeau l’illusion de transformer le rêve en réalité. Mysti­fication qu’ironise l’aphorisme sarcastique renvoyant la responsabilité aux crédules : «les promesses n’engagent

que ceux qui y croient». Dans le pays les anciens eux aussi cultivaient une méfiance à l’endroit des beaux-parleurs, condamnant sans appel les belles paroles «promesse égale tromperie», (toky fitaka).

Les élections, constituant l’unique mode d’expression laissé au peuple pour exercer le pouvoir dont il est pourtant la source selon le dogme de la démocratie, nécessitent que l’on ne les réduise à n’être que formalité pour l’établissement d’un contrat de dupes : «élection-trahison» scandent les anars.

Afin de rendre équitable le contrat, il est nécessaire de charger d’une force coercitive l’exécution des obligations. Le «velirano» n’est pas anodin, revêt l’autorité d’une procé­dure cérémoniale orale propre à donner à l’engagement valeur sacrée. Mieux ici il ne se satisfait pas de promesse à obtenir de vagues résultats, l’engagement concerne une ou plusieurs actions à devoir effectuer. La sanction pour omission ou pour mauvaise exécution, est sévère. Toutefois savoir-vivre oblige, le verbe se voulant élégant se doit d’être subtile, dans cet esprit la coquetterie  parfois s’habille de litote. Ainsi pour obtenir justice on prétend ne pas en appeler pas au jugement du sort jusqu’à en nier l’existence «ny tody tsy misy», on présente l’action comme un retour de ce que l’on a commis (en ellipse le mal de ne pas avoir fait le bien ou de ne pas avoir bien fait les choses) «ny natao no miverina». Imprégné de la culture malgache on ne s’amuse pas avec le velirano.

Léon Razafitrimo

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