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Madagascar il y a 100 ans: À aucun prix (2)

(Suite et fin.)

Il attiserait des haines jusqu’alors inconnues, détournerait beaucoup de gens de leur travail et créerait ces parasites qui ne vivent que de la politique. On se plaint du favoritisme, mais que dirait-on de celui quirégnerait s’il y avait des élections. C’est alors qu’on verrait les abus de pouvoir, les injustices criantes, les affaires scandaleuses.

Nous ne nous aviserons pas de plaider la cause des colonies à députés, en préconisant la suppression de la représentation coloniale. C’est leur affaire. Il nous suffira de constater l’état dans lequel la politique a mis la Réunion, autrefois si florissante, et l’exode en masse des Bourbonnais vers des terres plus hospitalières, délaissant un pays où, de leur propre aveu,« il n’y a plus rien à faire. » C’est là un fait que l’on est forcé de reconnaître et qui prouve mieux que tout argument les funestes effets de la politique aux colonies. Jamais, au grand jamais, les avantages de la représentation coloniale ne compenseront la centième partie des inconvénients qui en résulteront.

En effet, en supposant qu’ils défendent nos intérêts auprès des pouvoirs publics et même qu’ils aient gain de cause, la colonie ne prospérera pas pour cela, si on en juge d’après ce qui se passe chez nos voisins.

Non, pas de députés, nous avons assez d’embarras, assez de choses qui nous préoccupent sans nous infliger ce fléau que nous avons autant lieu de redouter que la grippe, car il affamerait le pays et ferait des victimes.

Nous ne nions pas néanmoins l’utilité incontestable d’avoir, auprès du gouvernement métropolitain, un représentant autorisé – désigné par un congrès des chambres de commerce et d’agriculture réunies. Mais il serait indispensable pour cela que les membres de ces deux corps soient élus par les commerçants, industrielsou agriculteurs et non nommés par le gouvernement local.

Nous n’aurions pas repris ce sujet que nous avons déjà traité d’une façon différente, si nous n’avions craint que l’article du Courrier colonial, bien que suivi d’une réfutation, fût de nature à inspirer à nos gouvernants l’idée de nous donner des parlementaires, chose que tout habitant de la colonie redoute au plus haut point.

Le Tamatave

www.bibliothequemalgache.com

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