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Pérégrinations hebdomadaires: l’instant d’une trêve

Simples coïncidences malheureuses que l’on aurait pu certes éviter. mais peut-on raisonnablement espérer un souci de cohérence entre les décisions des autorités différentes quand chacun des responsables des chantiers à travers la ville n’a cure des répercussions que génèrent en d’autres endroits les gênes à la circulation que provoquent les travaux qu’il conduit. À croire que tout n’a pas été pensé par une seule autorité, à moins qu’à ce niveau, soit que l’on ne tienne pas compte des affres que subit une population suffisamment excédée par d’inextricables embouteillages, soit que l’on ait jeté aux oubliettes le basique des opérations : 1 bouchon + 1 bouchon ça fait 2 bouchons, 2 bouchons + 2 bouchons …ça fait une paralysie de la circulation dans toute la ville. On dirait même que l’on ne s’est pas rendu compte du chevauchement du calendrier des travaux avec le calendrier républicain, et que les quinze jours précédant le 26 Juin les marchés allaient déborder dans les rues, et que l’Avenue de l’Indépendance serait fermée à la circulation. Ont tort ceux qui pensent ainsi, ils ignorent une réalité sur laquelle ont toujours surfé les gouvernants : fatalistes donc résignés à la réalité qu’on leur fait les gens s’y adaptent. Pari gagné.

Diminution du flot de véhicules

À certains points noirs le passage a été et reste toujours l’enfer, à maints endroits pourtant sans que la circulation ne soit devenue miraculeusement fluide, les usagers ont vécu le sentiment d’une délivrance avec l’impression de ne plus avoir à rouler pare-choc contre pare-choc. Impression que confirme la réduction de temps pour se déplacer d’un point à un autre, retour à la pénibilité normale. Soulagement d’avoir évité le pire, et de jour en jour ça semble même s’améliorer. Inspirés par la Pentecôte les gens se seraient-ils assagis en évitant tant que possible les déplacements en voiture. Les plus pessimistes observateurs avancent d’autres causes pour expliquer le phénomène. Les bouchons ont siphonné plus qu’en normal les réservoirs de carburant, de plus en préparation des fêtes les plus prévoyants ont restreint dans leur budget les dépenses en la matière. Comme on pouvait s’y attendre arrive le cadeau pour les Fêtes, la baisse du prix des carburants ! On se doutait bien que l’annonce de cette nouvelle, quelle qu’elle fût, allait provoquer diverses réactions, entre les politiciens, les uns obligés à exprimer satisfaction, les autres non moins obligés à manifester plus qu’une déception par la dénonciation de la vacuité de la mesure, la population essoufflée par les difficultés est dispose à apprécier le moindre bol d’oxygène, évidemment à sa juste valeur. L’automobiliste qui prévoit  dans son budget mensuel 150.000 ariary de carburant, roulant avec de l’essence, pourra se payer presque 1 litre de super de plus, avec un diesel environ 2 litres de gasoil. Ça ne fait pas la rue Michel, mais c’est au moins ça. Pour les usagers des taxi-be et autres taxi-brousse le consensus entre le Président et le groupement des marques de carburant présente au moins l’avantage de garantir le maintien au niveau actuel les tarifs de transport collectif. Pareillement en ce qui concerne le transport de marchandise, évidemment que la diminution ne permettra pas de descendre les tarifs mais la population gagne à ce que le coût du transport ne pourra prêter prétexte à une envolée des prix à la consommation. À défaut de permettre à la population entière de faire bombance les circonstances rassurent sur une certaine stabilité du coût de la vie, quoique l’on enregistre comme à l’accoutumée une impertinence des marchands de volailles qui n’hésitent pas à annoncer avec cynisme le prix de la dinde ou de l’oie à des niveaux vertigineux.
C’est dans ce contexte où les gens quoique l’on raconte d’un prétendu désintérêt d’un grand nombre pour la Fête de l’Indépendance que les résultats des législatives trouvent grande chance à être proclamés. À chaud la population n’accordera qu’un intérêt tiède, la majorité a la tête ailleurs, préoccupée à fêter dignement le 26 Juin. Une chance pour les résultats.

Des dernières critiques à effet de pétard mouillé
Qu’elle ait été décrétée ou non le peuple vit la semaine qui précède le 26 comme une période de trêve. Aussi on peut s’étonner que de prestigieuses organisations observatrices de la vie publique trouvent à émettre leurs avis en ces moments. La communication du KMF/CNOE n’a trouvé écho qu’à l’égal de celui qu’auraient obtenu des commentaires d’un groupe d’étudiants. Peut-être en raison d’une causerie nécessairement plus décousue que ne peut l’être un écrit, le message s’est dispersé. Personne ne peut accuser de couardise cette organisation qui a toujours été cash pour exprimer ce qu’elle a à dire, et pourtant on a pu avoir l’impression qu’elle a pratiqué une certaine retenue, façon pour ne pas dire qu’elle s’est autocensurée. Il eut été souhaitable qu’elle dénonce les outrances qu’elle reprouve durant la campagne comme si elle témoignait d’un flag.
Toutefois trêve ne signifie pas automatiquement clôture, au contraire même s’il ne sera plus temps de rouvrir le dossier législatives, le débat sur l’organisation des élections reste d’actualité tant qu’elle laissera des espaces douteux qui prêtent à contestation.


Léo Raz    

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