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Préservation de l’environnement: les impacts de la migration sur la réserve d’Ankarafantsika

Préservation de l’environnement: les impacts de la migration sur la réserve d’Ankarafantsika

La destruction de la réserve naturelle d’Ankarafantsika s’accélère. La superficie de la zone de protection du parc diminue à vue d’œil. Ces cinq dernières années, plus de 1.650 hectares de forêts et de savanes sur les 136.513 hectares sont partis en fumée dans ce parc qui constitue le réservoir d’eau de la région Boeny. Et pour cause, les flux migratoires des réfugiés du Grand sud qui fuient la sécheresse et la famine ont des impacts sur la réserve. Les autorités locales demeurent impuissantes face à ce phénomène.

Si aucune mesure n’est prise dans les meilleurs délais, le parc national d’Ankarafantsika risque de disparaître dans dix ans au mieux et dans 5 ans au pire comme l’a soutenu Jaotera, directeur du parc d’Ankarafantsika, en faisant un bilan sur la situation actuelle de cette réserve naturelle. « Ces cinq dernières années, 1.650 ha de forêts et de savanes sont partis en fumée, dont 850 ha en 2017 et 28 ha en 2018 », a-t-il révélé.

Ce responsable a expliqué que cette destruction accélérée par l’exploitation massive des zones de protection autour de la réserve. Le nombre de personnes occupant et exploitant les zones de la réserve ne cesse de s’accroître. D’après lui, « Les exploitants agricoles brûlent des terrains et exploitent une parcelle avant de s’enfoncer progressivement dans la réserve, laissant derrière eux des terres arides et défrichées ».

Ces exploitants, ce sont, entre autres, des migrants que les spécialistes appellent des « réfugiés du climat ». Ils viennent notamment du Grand sud, fuyant la sécheresse et la famine, comme l’affirme Alan Thierry Ngilitera, maire de la commune d’Andranofasika, qui désigne le phénomène migratoire comme principale cause de destruction. En effet, les réfugiés arrivent en masse et exploitent les terrains cultivables au détriment de la préservation de la forêt et de ses alentours.

Promesse d’une meilleure condition de vie ?

En général, ces migrants ont reçu des promesses de travail de leur famille ou de leurs connaissances. C’est le cas de Mamindrasoa et de sa petite famille. « Nous avons quitté Ambovombe Androy pour trouver de quoi vivre. De là où je viens, il n’y a pas d’eau. Aucune culture ne peut s’y développer. Puis, des gens de notre entourage ont dit qu’il y avait du travail à Ambato Boeny. Et nous sommes partis », a-t-il raconté. Aujourd’hui, il cultive du manioc et du maïs soit pour l’autoconsommation soit pour les vendre. Mais son cas n’est pas isolé.

Selon Alan Thierry Ngilitera, « Ces migrants arrivent en vague à raison de deux à trois fois par semaine dans des bus pouvant transporter chacun au moins une cinquantaine de personnes ». Par ailleurs, Monnal Rakotondrabe, président du fokontany d’Ambongamaranitra Andranofasika, a indiqué qu’« Avant, il y avait bien des migrants, mais ces dix dernières années, leur nombre a beaucoup augmenté. Aujourd’hui, 70% des 4.300 habitants du fokontany sont des migrants ».

Les autorités demeurent impuissantes face à cette situation. Certains agents du parc qui ont effectué des visites sur terrain ont même été exécutés par des squatteurs. En général, il faut l’intervention des forces de l’ordre pour les déloger. Pourtant l’expulsion n’est guère recommandée selon Jaotera. Il faut d’autres alternatives comme l’aménagement de zones d’habitation pour les migrants. « Sans intervention, toute la zone forestière va disparaître », a-t-il déploré. Une menace pour Ankarafantska qui constitue le réservoir d’eau du Boeny, en particulier la plaine de Marovoay, grenier à riz de Madagascar.

Arh.

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