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Madagascar il y a 100 ans: Crédit (1)

Notre colonie de Madagascar – à l’instar de l’Égypte des Pharaons – est rongée par de nombreuses plaies qui non seulement arrêtent son essor, mais menacent de l’acculer à la ruine et à l’effondrement complets. La principale de ces plaies estincontestablement le système de gouvernement dû au régime actuel qui fait que nous sommes sous la dépendance absolue d’un ministre toujours incompétent et dont les décisions sont basées sur des influences particulières qui n’onten général rien à voir avec les véritables intérêts du pays. Les entreprises coloniales, aux yeux de nos parlementaires et de nos gouvernants, n’ont d’autre but que de caser le plus grand nombre possible de fonctionnaires amis d’électeurs influents. La colonisation proprement dite, la production et l’intérêt économique considérable pouvant en résulter sont choses tout à fait inexistantes pour les ronds de cuir qui président aux destinées de la France et de ses colonies.

Le résultat est que les budgets coloniaux sont épuisés par une fourmilière de fonctionnaires de tous ordres qui représentent près de ¾ de la population européenne de nos colonies et ce au grand détriment du développement de l’outillage économique indispensable à leur prospérité.

Une autre plaie qui paralyse également notre développement économique est l’absence totale d’établissement de crédit. Qu’une crise survienne et les braves colons qui ont engagé leurs capitaux et consacré de longues années de patience et d’énergie à une entreprise agricole ou industrielle voient les efforts réduits à néant et leurs capitaux engloutis. Alors qu’il suffirait que l’État ou un établissement autorisé par lui fassent quelques avances toujours amplement garanties à un intérêt raisonnable, pour permettre d’attendre la fin de la crise et éviter des ruines irréparables.

L’absence de toute organisation de ce genre oblige les malheureux colons à avoir recours aux aigrefins qui leur font des prêts à des conditions plus qu’usuraires et dont le but n’est autre que de s’approprier, à vil prix, le fruit du labeur de ces colons de la première heure qui ont eu le grand mérite, malgré des difficultés inouïes, de créer une entreprise agricole ou industrielle dans ce pays.

(À suivre.)

Le Tamatave

www.bibliothequemalgache.com

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