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Pérégrinations hebdomadaires: Ça matche !

Déjà en attendant la publication des résultats définitifs, qui traînent quelque peu de trop, l’idée sur la répartition des sièges au sein de la nouvelle assemblée se dessine comme devant être ce qu’elle sera pour cinq ans. C’est justement cette répartition telle qu’elle se présente qui autorise à parler de cinq ans, elle annonce des conditions qui permettent d’augurer d’un déroulement de la législature de manière stable jusqu’au terme du mandat dans le respect du droit. Cette manière d’envisager avec optimisme la mandature qui s’installe à Tsimbazaza ne fait pas considération des appartenances politiques, là il s’agit d’un autre combat, ici la préoccupation concerne uniquement une manière d’appréhender l’équilibre des forces qui se dessine de façon à ne pas déstabiliser la bonne marche de l’appareil d’état comme ça l’a été.

Les choses ont changé. Par rapport à ce qui était sous la Deuxième République malgré le cousinage du système de l’époque avec le régime de la Quatrième en raison du mandat impératif attelé à la fonction de député qui lie les deux systèmes, les conditions pour être élus ne sont plus les mêmes, actuellement un siège se conquiert de haute lutte. Ce mandat impératif différencie de la Troisième, durant laquelle par une sorte de liberté retrouvée, nombreux élus ont trouvé plaisir à exploiter cette liberté de manière détestable, la transhumance ou brouter là où l’herbe est la plus verte. Cette tare a laissé des traces et à la faveur du cas insolite, un président inaugurant son mandat sans n’avoir ni parti ni donc élu en soutien, la pratique du nomadisme a pris l’ampleur honteuse que quasi à l’unisson la population réprouve. Sans vouloir tirer sur une ambulance, pour parler des pièges que les résultats de ces élections pourraient permettre d’éviter, rien ne saurait les mettre mieux en évidence que de faire référence à l’ère Rajaonarimampianina.  

Fin des négoces pour former une majorité

Si tant est que l’on puisse croire que Hery Rajaonarimampianina était un président bien préparé à la fonction, parvenu au sommet avec un programme bien ficelé, sûr qu’il n’est pas arrivé au bon moment dans de bonnes conditions. Dès son avènement une question se posait avec évidence : «que venait-il faire tout seul dans cette galère ?» Très vite il est paru d’une façon non moins évidente qu’il n’avait pas la carrure de tout seul redresser la barre, donc incapable d’éviter les dérives. Rien de surprenant dans le fait que l’état s’en est allé à vau-l’eau. Quelle qu’ait pu être la répartition des forces au sein de l’Assemblée Nationale la composition présentait le défaut majeur de ne compter aucun élu de la mouvance du président, mouvance n’ayant même pas existé pour pouvoir présenter des candidats. La construction ne pouvant être que de guingois n’avait de possibilité à recruter que des opportunistes, élus soit sous l’étiquette d’indépendant soit sous la bannière d’un parti qu’ils ne pouvaient que trahir. Constituée d’individus d’une telle engeance la majorité avait vocation à être instable, obligeant les lieutenants du président à la recomposer chaque fois que besoin était. On se doute à quel prix ! Une véritable plaie ! Pire même les plus fidèles ont fini par monnayer leur fidélité, le scandale des 50 millions marchandés lors d’un «atelier» tenu tout au long d’un week-end. Genre de combine qui n’a plus lieu d’être, non tant en raison d’un pari sur une amélioration de l’état d’esprit, mais simplement à cause de l’inutilité d’acheter des âmes pour constituer une majorité. L’électorat a eu la sagesse d’envoyer à l’Assemblée une majorité ficelée dès les urnes, les députés n’ont plus le loisir de vendre leur vote, à leur tour de subir la dictature d’un «marche ou dégage».

Un gouvernement en cohérence avec la volonté du peuple

Quand il appartient au groupe majoritaire à l’Assemblée Nationale de désigner la personne à adresser au Président de la République en vue de sa nomination au poste de premier ministre, la formule cherche à former un équilibre pour la conduite des affaires de l’état, entre ceux que les électeurs de chaque district ont élus pour que tous ensemble portent la voix du peuple, et celui que l’ensemble du peuple a élu pour diriger le pays et appliquer la politique qu’il a proposée dans ce dessein. Bizarre, bizarre que cette quatrième ait survécu après avoir traversé son premier quinquennat complètement en dehors du respect des points cardinaux posés par sa constitution. À cause du marché noir là où des acteurs politiques vendent leur âme à prix d’or, ces aristos du régime qui saignent à blanc les caisses noires alors que les clignotants s’allument au rouge. le peuple finit par broyer du noir, ses princes conjuguaient la vie en rose.

Le vent tourne, le tonnerre gronde menace les prédateurs. Certains d’entre eux ont déjà fait l’objet d’une mise au trou, d’autres malheureusement ont eu le loisir de prendre la fuite et de se mettre au vert loin là-bas par delà les mers.  on ne sait au bénéfice d’une indolence ou réellement grâce à des complicités. Évidemment comme on ne se refait pas en un jour il en est qui sont passés au travers en ayant su et pu négocier le droit de changer de couleur, certains pour un nombre de fois que l’on ne saurait compter. Des vers demeurent dans le fruit, à la lumière des résultats ce n’est pas ce qui manque.

Un assainissement grâce aux résultats

La parution de ce nouvel échiquier remet un peu d’ordre dans le fonctionnement des institutions. Le schéma réduit les possibilités d’une pratique politique mercantile. Certes ça ne suffit pas pour sonner le glas d’un système où règne la corruption, le commerce d’influence n’est pas étranger aux députés. C’est bien leur fête en ces lendemains d’élection. Ce qui ne signifie pas que seule l’Assemblée Nationale abrite des ripoux. La République en est infestée, d’être épargné de l’infection par ce fléau aucun corps de l’état ne saurait s’enorgueillir. Mais ce que réussissent les résultats de ces élections, mettre les députés dans les clous, constitue déjà un pas appréciable pour le redressement de l’état d’esprit.


Léo Raz      

    

    

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