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Madagascar il y a 100 ans: l’incendie du 30 (1)

 

Mercredi matin vers 5 h. ¾ le commerçant indien Ghivalla, revenant de la mosquée, aperçut de la fumée qui sortait du premier étage de la maison de commerce du Chinois Chan-Laï. Aussitôt il cria : Au feu ! Et, à l’alarme donnée par les cloches de l’église qui sonnèrent tant que dura l’incendie, le Commissaire Central et ses agents accoururent les premiers sur les lieux du sinistre ainsi que la population. Mais de pompier point ! Il n’existe pas à Tamatave de corps de pompiers.

Il existe il est vrai une pompe à incendie, mais au lieu de se trouver au Commissariat de Police avec pics, haches, échelles, seaux, etc., elle est logée à Tanio et ses tuyaux sont paraît-il crevés. Il a donc fallu prévenir par courrier (le téléphone ne fonctionnant pas) le piquet d’incendie de la caserne et ce n’est qu’à 7 heures ¾ que les secours arrivent avec les pompes militaires. Puis il n’existe nulle part dans la ville de bouche d’eau pouvant alimenter ces pompes. Il a fallu aussi rechercher dans le voisinage tous les bidons et seaux quelconques pour alimenter les pompes à incendie avec l’eau des pompes particulières. Pendant ce temps, en moins d’un quart d’heure la boutique de Chan-Laï fut détruite et le feu gagna l’immeuble Ghivalla qui fut également consumé. À ce moment le vent tourna et le magasin Docrat flamba en entier. Ce n’est qu’à 9 h. ½ qu’on put circonscrire le feu.

Il ne faut pas oublier que les maisons et magasins de Tamatave sont en bois de construction très ancienne et à ce titre très sec, présentant par conséquent au feu un élément facile.

Quoique le vent fût assez fort, par un heureux hasard, la pluie ne cessa de tomber tant que dura l’incendie. On se demande avec effroi ce qui serait advenu si le vent avait soufflé de quelque côté que ce fût avec sa violence habituelle en cette saison, et si le temps eût été sec. La ville entière d’un bout à l’autre aurait flambé comme un paquet d’allumettes, sans qu’aucune force humaine eût été capable de maîtriser le feu. Voyez d’ici quel désastre avec les magasins et dépôts bondés de marchandises.

(À suivre.)

Le Tamatave

www.bibliothequemalgache.com

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