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Vindicte populaire: plus de cinquante morts enregistrés en 2018

Vindicte populaire: plus de cinquante morts enregistrés en 2018

La vindicte populaire continue à faire des victimes. En l’espace de deux ans, ce fléau a fait plus de 100 morts dans l’ensemble du pays.

Le bilan s’alourdit. Le nombre de personnes qui ont perdu la vie dans la vindicte populaire ne cesse de se multiplier. L’année dernière, cette forme d’atteinte aux droits de l’homme a fait plus de cinquante morts d’après les statistiques de la Commission nationale indépendante pour le Droit de l’homme(CNIDH). Plus de dix morts de plus par rapport aux années précédentes comme celui en 2016 et 2017 durant laquelle une quarantaine de personnes ont été tuées. A part le manque de confiance envers les autorités, la non-sanction des auteurs de ces actes serait parmi les raisons qui favorisent la vindicte populaire d’après le rapporteur de la CNIDH, Seth Andriamarohasina, il y a quelques jours à Ambatonakanga.

«Si nous voulons lutter contre la vindicte populaire, il faudrait penser à appliquer la loi. Il ne faut pas oublier que ceux qui participent à cet acte commettent un meurtre et devraient être punis. Or, jusqu’ici, il est rare de voir des personnes emprisonnées pour avoir participé à une vindicte populaire», a-t-il déploré.

Restaurer l’autorité de l’Etat

Seth Andriamarohasina a cité comme exemple le cas de la prison de Mananjary où une quatre-vingtaine de détenus seraient des personnes qui ont pu sortir vivantes d’une vindicte populaire. Par contre, les personnes impliquées dans ces lynchages courent toujours. Même cas pour le lynchage à mort d’un chef du poste avancé de la gendarmerie à Namorona en 2017, ou la mort d’une femme brulée vive par une foule en furie pour avoir violé un lieu sacré à Mananjary en 2016. Sans citer le cas de Mampikony et celui d’Antsakabary. «Il faudrait penser à restaurer l’autorité de l’Etat dans la poursuite de toutes personnes impliquées dans ces meurtres», a-t-il poursuivi.

A part la poursuite des auteurs de vindicte populaire, Seth Andriamarohasina préconise ainsi comme solution à ce fléau la multiplication du nombre des éléments des forces de l’ordre. L’insuffisance en nombre de ces éléments de forces de sécurité serait, d’après lui, un blocage dans l’éradication de cette forme d’atteinte aux Droits de l’homme. Pour cause, si la norme internationale est de trois policiers pour 1000 habitants, celui de Madagascar serait d’un policier pour 3000 habitants. «Les éléments des forces de l’ordre sont parfois en sous-effectif et mal équipés comparés aux foules qui font le lynchage. Il leur est ainsi difficile d’intervenir dans une situation pareille», a-t-il souligné.

Ce membre de la CNIDH a par ailleurs indiqué qu’il y a plus de cas de vindicte populaire dans les régions pratiquant la culture de rente que dans d’autres régions, à l’instar de la région Sava où les voleurs de gousse vanille sont parfois battus à mort ou sont soumis à une amende qui serait également une forme d’atteinte aux Droits de l’homme. «Le montant de cette amende est en effet fixé par les habitants eux-mêmes et non pas par la Justice ou d’autres autorités compétentes», a-t-il conclu.

Tsilaviny Randriamanga

 

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