Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Flash
Préc Suiv

Madagascar il y a 100 ans: Pas de députés (1)

L’article que nous avons publié en faveur de l’attribution à Madagascar de représentants au Parlement nous a valu la lettre suivante d’un des doyens de nos colons de la Grande Île, récemment arrivé en France :

Paris, le 15 avril 1919

« Monsieur le Directeur du Courrier Colonial,

« Vous réclamez des députés pour Madagascar. Beaucoup d’entre nous ne sont pas de votre avis.

« Si on nous dotait d’une députation, fût-elle simple, oui, il faudrait songer à boucler sa valise. Il y a des exemples qui ne sont vraiment pas encourageants. En Indochine, il y a M. Outrey pour la Cochinchine ; le Tonkin, très peuplé de vazahas, n’a pas fait de révolution pour avoir un représentant à la Chambre. Ça ne l’empêche pas de vivre.

« Je penserais tout autrement si, aux colonies, on ne faisait que de la bonne politique, mais on en fait aussi de la mauvaise.

« C’est un très actif député colonial – qui s’occupe beaucoup de politique métropolitaine – qui l’a dit au cours d’une conférence faite à l’Action Républicaine aux Colonies, il y a une dizaine d’années : “Si l’on fait trop de politique dans nos vieilles colonies et quelquefois, reconnaissons-le franchement, de la très mauvaise politique, c’est parce que, trop souvent, ceux dont le principal rôle devrait consister à assurer la sincérité des opérations électorales ont volontairement fermé les yeux sur les irrégularités les plus grandes quand ces irrégularités profitaient à la politique de leur choix ou simplement à celle qu’ils croyaient avoir reçu mandat de patronner. Quand le corps électoral et ses chefs ont vu que la fin justifiait les moyens, que la participation à des fraudes manifestes

pouvait même devenir le meilleur des titres à des avancements privilégiés, à des distinctions honorifiques, alors toutes les écluses se sont ouvertes et les eaux débordées ont enlevé comme fétus de paille les obstacles qu’une timide légalité essayait encore d’opposer au courant.”

« Nous ne tenons pas du tout à voir à Madagascar les écluses s’ouvrir.

« Nous sommes encore ici à l’état de pays neuf, les Européens y sont relativement peu nombreux.

(À suivre.)

J. B.

Le Courrier colonial

www.bibliothequemalgache.com

Les commentaires sont fermées.