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Madagascar il y a 100 ans: l’éternel refrain ! Routine et bureaucratie

Nous extrayons d’une lettre privée, arrivée de Tananarive par dernier courrier, les lignes suivantes :

« Je ne vous ai pas écrit plus tôt car j’espérais, toujours à tort, pouvoir rentrer à Tamatave et au lieu de cela, j’ignore encore quand il me sera possible de partir.

Quelle patience il faut pour négocier la chose la plus simple avec l’Administration ! Je vous assure que si j’avais prévu cela je n’aurais pas engagé mes amis à entreprendre cette affaire, si intéressante cependant pour la Colonie et pour nous qui l’avons étudiée depuis déjà longtemps. J’en conclus qu’il n’y a plus rien à faire pour nos Nationaux dans les Colonies françaises ou alors, avant d’entamer des négociations, il faut se faire naturaliser Anglais ou Américain.

La France ferait certainement mieux de leur vendre ses Colonies, car à quoi lui servent-elles ? Ce sont les Étrangers qui les exploitent.

Et celle admirable administration crie de toutes ses forces à qui veut l’entendre et sur tous les tons : Les Français ne veulent pas venir dans nos colonies ! Lorsque malheureusement il y en a un qui vient s’y égarer, on s’étudie à le décourager ! et pour ne rien lui accorder. C’est réellement incroyable ! Voici bientôt quatre mois que je suis ici pour demander et obtenir l’autorisation d’exploiter un produit dont on n’a rien fait jusqu’ici et je suis à me demander si oui ou non on voudra bien me l’accorder.

Ah ! je vous assure que je regrette beaucoup d’avoir engagé mes amis à venir ici ! j’étais loin de m’attendre à ce qui m’arrive, j’en suis désolé. Enfin ! Je vais encore patienter un peu… »

Et voilà ! Plus ça change et plus c’est la même chose – on pouvait croire qu’il y aurait quelque chose de changé après la guerre ! Mais M. Lebureau est toujours là, émergeant plus puissant que jamais des ruines du cataclysme mondial ! Et il est à craindre que ni M. Schrameck à Madagascar ni M. Clemenceau en France n’en viennent à bout. Du reste, il n’apparaît pas, à Madagascar tout au moins, qu’il soit fait un effort très sérieux pour combattre ce mal dont la gravité n’échappe cependant à aucun patriote clairvoyant.

 

Le Tamatave

www.bibliothequemalgache.com

 

 

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