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Pérégrinations hebdomadaires: une hirondelle, puis une deuxième

Une hirondelle ne fait pas le printemps, peut-être pas plus que ne le confirmerait une deuxième. Seulement quand passe la deuxième hirondelle on ne peut s’empêcher d’en lire le signe d’une très proche arrivée des beaux jours. N’est pourtant pas loin le temps peu glorieux où la communauté internationale coiffant Madagascar du bonnet d’âne, a relégué le pays au ban des nations pour inconduite à l’endroit de la constitution. Belle revanche d’avoir réussi à faire amende honorable, le mauvais élève réapparaît sur la scène internationale, auréolé de deux mentions flatteuses qui lui valent sinon de faire figure de modèle au moins d’être cité en référence à propos d’élection : deux essais réussis servant d’exemple et en matière de respect de la constitution et question de promotion de la démocratie.

Peut-être que le phénomène qui se passe en Algérie éclipse quelque peu ce succès. La population algérienne dont on se moquait d’avoir loupé le train du renouveau lors du «printemps arabe», en passe actuellement de réussir un coup d’état de rue sans coup férir : ni coup de fusil tiré, ni perte de vie humaine à déplorer, ni dégât matériel à décompter (vitrines brisées, voitures incendiées…), cloue le bec aux ricaneurs d’hier. À eux deux, ces pays, Algérie et Madagascar réussissant à renverser la vapeur incitent les observateurs à se garder de ne se précipiter à tirer des conclusions hâtives. Il arrive à de mauvais élèves par la suite de servir d’exemple aux donneurs de leçons la veille. Ce genre de succès invite toutefois à l’humilité, les choses peuvent changer du pire au mieux aussi vite qu’elles peuvent le faire dans le sen inverse. Rien n’est jamais acquis définitivement, lorsque l’on tient un bien en mains la prudence inciterait à fournir sans répit les efforts nécessaires pour en avoir tout le temps le mérite.

Des législatives sous les augures d’un combat démocratique

Des débuts poussifs, vu le nombre très réduit des candidatures 24 heures avant la clôture des dépôts, les organisateurs des élections législatives n’ont cessé de communiquer à propos d’un pessimisme en considération de cette situation, on aurait même cru en lisant à travers les lignes qu’ils battaient le rappel. Impression confirmée par le fait que la Ceni a pris l’initiative de reculer de 48 heures l’échéance du dépôt des dossiers. Finalement le nombre des candidats flirte avec le seuil du chiffre 900. Un bon point, non tant pour avoir réussi à friser cette barre, mais du fait qu’en rapport au nombre de candidats lors des élections précédentes où plus de 2500 se sont disputés les quelques 150 sièges soit 16 prétendants pour 1 siège, le taux s’en trouve réduit à moins de 6 pour 1. Cette retenue des velléités à ne plus se montrer intrépide à l’excès, témoigne d’une maturité, même si cette hésitation à propos de la décision à s’investir dans la chose publique s’explique en grande partie par l’appréhension voire

un manque d’intérêt pour l’exercice de responsabilités publiques. Exercice désormais promis à se dérouler dans le cadre d’une application rigoureuse des dispositions légales. Fini le temps de l’impunité, foin des incartades, s’arrête la récréation. La dernière législature pour avoir peut-être dépassé les limites de l’impudence a provoqué un effet retro obligeant de revenir à la case départ et de mettre les députés au pas dans le respect de la cadence qu’impose la loi. Ça promet d’être moins rigolo.

Dans cet esprit les candidats vont au combat pour mener une campagne électorale que l’on espère se dérouler sinon à la loyale du moins dans le calme sans provoquer des perturbations. Certes on note déjà des incidents qui émaillent le paysage serein dans l’ensemble. Tsaratana décidément tend à prétendre au titre de capitale de la pègre après Antananarivo. La voyoucratie locale n’hésite pas à innover, et pense trouver en un candidat à la députation un excellent otage pour faire monter les enchères. Une première qui risque de ne pas être la dernière si les pouvoirs publics ne réagissent pas à l’égal de cette effronterie qui fait la nique à la démocratie.

Spectacle du beau linge pour mouiller leur chemise

Dans l’ensemble la campagne électorale promet des joutes intéressantes, à maints endroits la lutte s’annonce sévère, à l’avance personne ne saurait en prédire l’issue. Des stars de différentes disciplines, du domaine sportif que de celui des variétés, du milieu des affaires autant que du monde politique, descendent dans l’arène. Entre les podium d’où l’on va pousser la chansonnette, les aires de jeu et stades pour distribuer ballons et équipements sportifs, les stands pour opérer des miracles de multiplication de mannes tombées de généreux camions, le spectacle sera permanent. Opération de séduction à tous les coins de rue. On pourrait même s’attendre à des scènes cocasses lorsque deux vedettes de la chanson croisent leur talent au sein d’une même circonscription comme dans le troisième arrondissement d’Antananarivo. A Taomasina à l’inverse y aurait-il des scènes de crêpage de chignons là où deux femmes ministres s’affrontent en annonçant un combat musclé. À l’affût un troisième larron, ancien ministre de son état lui aussi se frotte les mains espérant profiter de ces circonstances pour en douce soustraire la timbale hors des regards égarés des deux pugilistes. Quelles que soient les manières qu’ils et elles entreprennent pour faire l’article de leur propre personne, en raison du précédent que représente la présidentielle, les candidats pour peu qu’ils ambitionnent faire preuve de décence, sont tenus chacun de se montrer beau joueur donc bon perdant pour la plupart, lors de l’annonce des résultats.

Léo Raz

 

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