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Jean-Yves Morin: « La lexicographie, un travail de moine »

Jean-Yves Morin: « La lexicographie, un travail de moine »

Invité d’honneur en qualité de conférencier hier, au Centre Arrupe Faravohitra, le linguiste informatique et non moins l’une des chevilles ouvrières du nouveau dictionnaire Vitasoa de poche, Jean-Yves Morin a décortiqué le laborieux travail d’un lexicographe. Interview.

*Les Nouvelles : Dans un premier temps, parlez-nous de cet ouvrage

– Jean-Yves Morin: Nous avons mis 15 ans de travail pour aboutir au grand Vitasoa, qui compte un peu plus de 50.000 entrées donc 50.000 mots français qui ont été expliqués et illustrés en malgache. Il faut savoir qu’un dictionnaire existe d’abord comme des bases de données informatiques. Ainsi, réduire cette base de données en question signifie diminuer le nombre d’entrée et supprimer les locutions. Techniquement, le volume de la version poche constitue le quart du contenu du grand format. Toutefois, on pensait faire un dictionnaire des locutions malgaches et françaises.

*Ailleurs, un dictionnaire papier est édité et mis à jour chaque année, ce n’est pourtant pas le cas à Madagascar…

– La production représente un coût énorme. Par conséquent, s’offrir un dictionnaire n’est pas à la portée de tout le monde puisque ce sont des ouvrages coûteux. Par ailleurs, il n’y avait pas eu de travail publié à ce niveau-là, essentiellement depuis l’époque de « Rakibolana Malagasy » de Régis Rajemisa Raolison.  Créer un dictionnaire, ça ne s’improvise pas, ce qui exige beaucoup de temps et de sérieux.  Cette tâche est normalement assignée aux professeurs d’université. Ceux-ci sont évalués sur leur publication qui leur a pris 15 ans pour obtenir un résultat et pour lequel ils ne seront pas récompensés. Alors qu’en produisant un ou deux articles sur différents sujets à chaque année, qui plus sont très bien payés.

*Quel avenir pour Vitasoa ?

– Nous attelons à ramasser tout ce qui existe comme vocabulaire malgache, entre autres, les nouveaux mots comme « finday » qui sont apparus récemment.  Nous travaillons également de concert avec Agnès Lala-Rakotoson, auteur de l’ouvrage didactique Lovako, une personnalité qui a une vaste connaissance du malgache officiel et du malgache standard.

*Quel est l’objectif final ?

 -Le but est de créer des bases de données lexicographiques.  Le français-malgache est fondamental mais c’est malgache-français qu’on a bien plus besoin actuellement.

La lexicographie est un travail de moine qui est très bien associée aux Jésuites, je pense. Pour la simple raison, qu’ils ont une longue tradition éditoriale.  Dans cette voie, plus on avance, plus on se rend compte qu’il en reste à faire, ce qui est à la fois enthousiasmant et décourageant.

Propos recueillis par Joachin Michaël

 

 

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