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Mercredi ! Ecole buissonnière

Voies détournées de la démocratie horizontale

Rampe de lancement d’une démocratie jupitérienne

D’un extrême à l’autre ! De quoi s’interroger, voire matière à s’alarmer, un pas que certains observateurs ont emprunté, s’inquiétant de ce chiffre à la baisse des candidatures aux législatives. Pire, pour dire vrai les choses sans fioritures ce chiffre n’est pas simplement à la baisse mais complètement à l’étiage.

 Après le divorce de la population avec la politique, actuellement en phase d’un début de réconciliation, le phénomène exprimerait-il une démission des acteurs à leur tour ? Pas de quoi faire la grimace ! Depuis le temps que la population leur réclamait de dégager, maintenant que d’eux-mêmes ils désertent les lieux on ne va ni verser une larme en hommage à leur rendre ni pleurer sur notre sort. Seulement ils laissent comme qui dirait un vide. Et alors ? Lors même que l’on se sache comment combler ce vide, la nature, elle, s’en charge.

Un changement naturel que réclame l’état des lieux

Les dérives du système ne concluent pas nécessairement à devoir condamner la démocratie même celle pratiquée selon le principe de la représentativité, plus qu’à la sauver ça se résumerait à vouloir jeter le bébé avec l’eau du bain. Certes le constat d’un reflux du nombre des candidatures met face à la réalité, toutefois il ne faut pas s’en laisser conter pour autant. Les législatures précédentes ont laissé de la représentation une image dégueulasse, pour dire sainement les maux ne pas s’embarrasser d’état d’âme à utiliser les mots justes. Aujourd’hui que le pouvoir manifeste la volonté d’organiser un système au sein duquel on ferait une tolérance zéro aux notes discordantes à la rectitude en général à la législation en particulier, on enregistre peu de candidatures en rapport au nombre de places destinées aux élus. Il y a cinq ans ils étaient quelques milliers à se battre pour 150 et quelques sièges, aujourd’hui quelques centaines à peine. On ne va quand même pas pousser le vice à regretter l’inappétence actuelle de ceux dont le mental infecté par la vérole «corruption» ont manifesté précédemment une voracité à se goinfrer à tous les rateliers. Il serait imprudent de baisser pour autant la garde, les rapaces restent à l’affût, quelques-uns se sont même encore battus pour arriver à glisser dans des listes, toujours déterminés à obtenir un poste leur donnant l’opportunité de se rincer un tant soit peu la dalle.

De son côté la population, quoique s’étant fâchée avec la classe politique et ayant condamné les us dans l’exercice des activités en ce domaine, a gardé intacte une foi en la démocratie. Sans faire de bruit, sans en demander à quiconque la permission, chacun là où il le peut adapte la démocratie et comme il le veut l’applique à sa sauce. Comme la prose que l’on pratique sans en avoir conscience, l’anarchie s’installe sans bruit, sans faire référence à des théories, sans chercher à s’ériger en idéologie, s’en tenant contradictoirement à faire de la démocratie son faire-valoir.

D’échec en échec le peuple s’est lassé et par divers de ses comportements soit ouvre un boulevard à un système autocratique, soit dresse une rampe de lancement à l’exercice d’une démocratie selon un schéma jupitérien.

Entre deux rives aussi marécageuses l’une que l’autre

L’exercice est périlleux pour la démocratie, et pourtant c’est peut-être la voie unique qui permet de remonter en sens inverse le terrain glissant emprunté pour avoir mené le pays au fond du gouffre dans lequel il se trouve. Andry Rajoelina, avec témérité comme s’il marchait sur l’eau, semble se plaire à la gymnastique d’avoir à mettre la démocratie dans les rails d’un système dont la traction est soumise aux caténaires branchés à Jupiter seul.

Le gouvernement se met en marche comme en ordre de bataille. Question continuité de l’état ou continuité de la vie le spectacle continue. Outre leur vrai job, celui de mettre en place les lignes propres à y opérer les chantiers de redressement et ensuite ceux du développement, les hauts responsables ont mission de s’y atteler en y donnant une face rock’n’roll, évidemment en se gardant de tomber dans les travers à faire les marioles. D’un certain point de vue quelques uns y parviennent. Malgré une stagnation au sommet du nombre des actes de banditisme et de délinquance quotidienne, la descente des membres du gouvernement sur terrain, premier ministre en tête, l’étalage des scalps par les hauts gradés de la gendarmerie pour montrer les muscles et manifester leur détermination à procéder à nettoyer leurs écuries afin de mieux frapper la voyoucratie, sont autant de gestes à rassurer la population quant à la volonté du pouvoir à déclarer la guerre contre l’insécurité.

Les initiatives du Président et des responsables de la politique étrangère pour développer une opération de charme tous azimuts avec l’intention de conquérir des sympathies en perspective de s’ouvrir de nouveaux marchés à l’extérieur et d’attirer de nouveaux partenaires à l’intérieur, des signes auxquels l’opinion ne reste pas insensible.

Mais il reste que dans l’attente d’effets sensibles, la population s’inquiète de ressentir encore les désagréments conséquences du coût de la vie en continuelle ascension. Si le spectacle se poursuit, la vie elle aussi continue et les difficultés avec. L’opinion sait bien combien il est difficile de s’efforcer à freiner l’envol des prix et de vouloir en même temps accélérer la remontée de la pente : cela n’empêche, la population s’impatiente.

Léo Raz

 

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