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Chronique: laissez-nous travailler !

Vendredi, vous avez ouvert un oeil, puis le deuxième, vous vous êtes dit: ” Encore une journée de travail…” et vous vous êtes souvenu que ce vendredi 8 mars n’était pas un vendredi comme les autres. Les idées encore endormies, vous n’arrivez pas à vous rappeler pourquoi ce 8 mars marque un jour pas comme les autres. Ce n’est pas un jour d’élection, le mercredi s’y prête très bien et pour varier les plaisirs, on va bientôt tenter le lundi d’élection. Mais le vendredi jour d’élection, ce n’est pas encore pour demain.

Ça y est, vous avez les idées claires. Ce vendredi est d’abord un jour sans école pour les enfants et adolescents concernés. Et un jour chômé pour les employés et employées de ces écoles.

Ce vendredi est aussi un jour au ralenti dans la plupart des entreprises et des administrations qui emploient des femmes. Et vous savez qu’elles sont nombreuses. Qui? Les femmes d’abord, les entreprises et les administrations qui les emploient ensuite. Cela fait du monde!

Maintenant que vous  avez les idées claires, elles s’enchaînent sans vous laisser de repos.

Ce vendredi 8 mars, c’est la journée internationale des femmes. C’est ce qu’on vous a dit. Pour leur rendre hommage, on leur offre un jour férié qu’elles occuperont comme bon leur semble. Une épilation à tarif réduit, un soin du visage qui rajeunit de dix ans, une nouvelle coloration, un déjeuner entre femmes… Voilà, entre autres propositions très alléchantes, ce qu’on propose aux femmes qui ne travaillent pas un 8 mars.

Parce que, le savez-vous, certaines femmes travaillent le 8 mars. La vendeuse de fruits au coin de ma rue par exemple, me dit que si elle ne travaille pas, elle ne mange pas ce soir. Et l’esthéticienne qui vous fait la peau toute belle pour honorer les femmes travaille aussi, vous l’aurez remarqué…

Au fil des idées, une question vous revient à l’esprit, comme tous les 8 mars d’ailleurs. Cette journée n’est-elle pas celle des droits des femmes, ceux qu’il faut préserver, ceux pour lesquels il faut se battre, ceux qui sont menacés ?

Si on estime que les femmes ont le droit de travailler et de gagner un salaire décent, ce n’est pas en leur offrant un jour chômé qu’on fait avancer leur cause.

 

Kemba Ranavela

 

 

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