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Chronique: passe le temps des rêves

«Si tu ne sais pas faire rêver les populations lors d’une campagne électorale, abstiens-toi d’espérer rafler les suffrages du peuple », ainsi de son franc-parler un chef aux membres de son parti dispensait l’enseignement  portant sur les conditions de base pour se ménager des chances de victoire. En son temps le premier ministre britannique W. Churchill a fait la démonstration du contraire, promettant sueur larmes et sang, des versements de liquides organiques dont personne ne rêve. Une situation hors normes, la guerre, a permis à cet homme d’état de lever l’adhésion de ses compatriotes.

Ici aussi, pourrait-on avancer, la situation nécessiterait que l’on mène une guerre de plus sur plusieurs fronts, et contre la pauvreté et contre l’insécurité et contre bien d’autres malheurs, à peut-être la différence que depuis fort longtemps, privée de tout et de rien, tenue à ne chercher qu’à pourvoir aux besoins immédiats et aux envies pressantes, la population a fini par ne plus savoir rêver à demain. Réveiller la capacité de rêver, rallumer une petite lueur d’espoir, se présentent comme des passages obligés pour réconcilier les gens avec la politique : étape essentielle pour réaliser une Réconciliation nationale, condition  indispensable pour la réussite d’un miraculeux développement. Miraculeux ? Tout bonnement du fait que pour une transformation du rêve en projet, se trouve l’effort. Mot simple dont pourtant la juste manière de le produire à bon escient fait mystère pour une majorité. Par obligation nombreuses gens se sont familiarisées à fournir efforts ingrats et sacrifices gratuits sans souci d’établir le rapport effort-produit pour en calculer un juste profit.

De ces considérations il apparaît logique que la  politique de la carotte s’avère toujours d’actualité, mais quelle efficacité attendre de la carotte sans derrière la possibilité de recourir au bâton ? Le procédé du bâton ne passe plus dans l’opinion, des interdits ont apparu : aux parents de frapper les enfants, aux maîtres de taper les doigts, dans les abattoirs d’infliger douleur aux bêtes que l’on y égorge, aux boss et autres chefaillons de harceler les collaborateurs… Les barrières morales se multiplient pour encadrer les solutions aux problèmes de plus en plus ardus à résoudre. Sensibilisation, enseignement, éducation s’y adaptent en appelant à l’imagination. Convaincre de l’utilité de l’effort par l’enseignement du principe « tu mangeras à la sueur de ton front » ne suffit plus, faire suer le burnous est condamnable. Aux dépens d’autres vertus des petits malins ont modifié la condamnation à l’effort : « la qualité de ta bouffe sera à l’égal soit de ton assujettissement à devoir suer une bonne sueur soit de ton art à savoir ruser une bonne ruse et à moins suer toi-même ».

 

Léo Raz

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