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Pérégrinations hebdomadaires; pas du tout Cassandre: pas tout à fait Candide

À l’exception des transhumants, migrateurs au gré des alternances avec unique but de brouter là où l’herbe est verte, les acteurs politiques trouvent leur rôle dans une logique distribution conséquente aux résultats de l’élection présidentielle. Les uns appartenant à une majorité en soutien de la politique qui a permis au Président de la République de rallier une majorité de suffrages, les autres se positionnant en opposants. Ceux-ci dans le but de convaincre d’une meilleure qualité de leur proposition fourbissent leurs arguments à partir des erreurs qu’ils relèvent dans l’application de la politique de la majorité. Dans un esprit de patriotisme que tous prétendent avoir comme moteur de l’action qu’ils mènent, même s’il est difficile aux opposants de souhaiter la réussite de la politique en place, impérativement ils ont à s’interdire de mener combat par des actions destinées à provoquer l’échec de la politique en application.

Alors que l’action n’a pas démarré à proprement parler, chacun posant ses marques, l’idée citoyenne de souhaiter le meilleur pour le pays invite chacun, même positionné dans l’opposition, à s’abstenir de jouer les oiseaux de mauvaises augures, sans besoin pour autant de faire montre d’une coupable ingénuité et d’applaudir à tout rompre en permanence en l’absence de réflexion déterminante pour nuancer du positif le négatif.

Sous les signes d’une bonne volonté de tous

Même sans apporter de jugement sur le bien-fondé

de la mesure qui donne au Président de la République le pouvoir de légiférer par ordonnance, l’adoption de cette disposition sans provoquer remous ni dans l’une ni dans l’autre des chambres du parlement constitue un signe de bonne volonté de part et d’autre. Inutile de s’attarder sur les spasmes de derniers instants des député(e)s qui terminent leur mandat en ne laissant de leur passage à Tsimbazaza que le souvenir d’une promotion de députées et députés aussi remuantes et remuants les unes que les autres, d’une turbulence pas toujours justifiée pour une bonne cause. À l’inverse le cadeau fait par les sénateurs au Chef de l’Etat a pu surprendre. De plus en guise de bienvenue les sages de la Chambre haute ont pris soin d’enrubanner le paquet-cadeau du sceau délicat d’un vote à l’unanimité. Évidemment qu’en considération des us pratiqués jusque là, n’ont pas fait défaut les commentaires interprétant cette unanimité comme une manifestation  d’allégeance. À l’opposé, n’est pas interdit de voir en ce geste un signe positif d’un changement, la manifestation d’une volonté de se ranger à l’intérieur du schéma républicain où reconnaître l’inégalité des forces assure l’équilibre d’une bonne marche des institutions, inégalité susceptible de basculer en raison d’un fonctionnement démocratique garant des possibilités d’alternance. Dans ce sens pour être un bon opposant, il n’est sûrement pas nécessaire de prophétiser sur des catastrophes comme issues inévitables de la politique qu’entreprennent les adversaires en charge du pouvoir. Bon patriote on devrait même en souhaiter un plein succès au bénéfice du pays, difficile certes si de bonne foi on possède et milite pour une conviction à l’opposé. Cependant vouer à l’échec la réalisation du projet en marche s’apparente à miser sur cet échec et tenterait à œuvrer en ce sens ne serait-ce que pour avoir raison et gagner ce détestable pari. Plus encore si on apporte soutien au projet présidentiel, accorder une présomption de rectitude aux initiatives et entreprises destinées à réaliser le chantier, ne signifie pas se nimber d’une ingénuité béate, propre à se fermer les yeux en vue de ne déceler ni mal-façons ni maladresses que celles-ci soient involontaires ou malignes. L’appartenance à une même chapelle ne constitue pas un monopole de capacité à apporter avec sincérité une efficace collaboration. Il est des regards et des collaborations venus de l’extérieur qui dotent d’une autre dimension l’ouvrage, dans la limite où ces pièces rapportées n’enflent de prétentions à  vouloir se substituer aux maîtres d’œuvre et d’ouvrage et qu’au contraire empreintes d’humilité elles s’obligent d’un vif respect à l’endroit de l’esprit du projet. Actuellement le public observe d’un œil attentif tous ces premiers pas, particulièrement ceux des membres du gouvernement.

Les ministres dans l’œilleton

Tous ne sont pas logés à la même enseigne, il est des ministères qui intéressent plus que d’autres, mais il y a surtout les personnages vierges de la fonction, connus pour des faits, des succès ou des échecs en d’autres domaines, les uns devancés par une flatteuse renommée, d’autres traînant des rumeurs peu glorifiantes. Parfois le spectacle de passation met en scène ceratins prédécesseurs qui ne résistent pas à une comparaison, un pas franchi par un journaliste qui rappelle la différence entre serviette et torchon, allusion d’autant plus facile quand les torchons semblent avoir plus souvent servi de serpillières.

Bizarre que certains journalistes se plaisent à mettre dans le viseur l’une de leurs consœurs promue ministre de la Communication et de la Culture. Il est vrai que Madame Lalatiana Rakotondrazafy s’est habillée de virulence pour combattre le Code de la communication. Passée de l’autre côté de la rampe elle est soumise à l’épreuve d’entreprendre la rectification de ce Code et d’en trouver le bon équilibre, à l’avance elle subit une avalanche de critiques, davantage il faut l’espérer histoire d’exercer pression sur elle que pour cause de jalousie.

Ce code porte deux vices qui en font une loi scélérate selon l’appréciation des professionnels œuvrant dans cette activité, avis que partage une grande partie de l’opinion. D’un côté elle porte atteinte à la liberté d’entreprendre en lestant nominalement du boulet de la responsabilité pénale l’entrepreneur de presse, responsabilité dont déjà se charge devant le Parquet le directeur de publication. Par ailleurs il s’agit de consacrer le principe de dépénalisation du délit de presse, disposition qui se doit de trouver le point d’équilibre pour ne pas faire de l’infraction une exception d’impunité, voire pire un permis d’outrager autrui ou de semer intox et infox, des méthodes aussi toxiques les unes que les autres. Chercher le bon remède promet un exercice de funambule. Casse-gueule pour individu sujet au vertige.

 

Léo Raz

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