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Pérégrinations hebdomadaires; Émissions de signaux sur le style: le pouvoir prend ses marques et pose son empreinte

Inévitable le grouillement au sein de la classe politique en ce début de quinquennat : ceux qui jouent des coudes dans la cohue pour la distribution de postes, déjà des déçus qui attendaient mieux que les miettes qui restent, une opposition qui peine à se déterminer comme si elle craignait à l’avance une mauvaise pioche aux législatives qui promettent de rebattre les cartes. Hypothèse à considérer quand déjà le Président par une procédure inhabituelle éprouve la résistance des forces qui s’opposent au pouvoir.

Cris et chuchotements dans les travées du législatif

Nombreux sénateurs affichent petite mine. Malgré le supplément qu’apporte une session extraordinaire on ne retrouve pas à Anosy l’ambiance des grands jours. Manifestement les sages avec leur tête d’enterrement n’ont pas le cœur à la fête, il est vrai qu’ils doivent faire le deuil du flirt avec le maître de Iavoloha, désormais ils devront jouer la vraie partition d’un pouvoir législatif indépendant de l’exécutif. Comme des Tanguy sevrés de la tutelle et du confort du domicile parental, quelque part ils éprouvent plus qu’une frustration une sorte de sentiment d’être orphelins. De surcroît la menace de disparition du Sénat, souhait émis par le Président lors de sa campagne, plane et contribue à donner un ton lugubre. Déjà quelques-uns des membres de la chambre comptent leurs jours à siéger dans les fauteuils de sage. La HCC considère actuellement le sort à réserver aux sénateurs nommés par le Président de la République. Problème récurrent à chaque début de quinquennat, une solution précédente aussi inélégante que contraire à l’esprit de l’institution risque de faire jurisprudence. Ailleurs des dispositions aussi simples que de bon sens font l’économie de ce genre de coup d’éclat qui sans état d’âme envoie valser des mesures de bonne composition. La durée de mandat des sénateurs diffère du quinquennat présidentiel. Cadencer le Sénat sur un rythme de renouvellement partiel (par moitié ou par tiers) des membres, participe à entretenir une continuité pérenne de l’esprit de sagesse qui y règne, de plus cette formule évite d’avoir à donner des coups de balai comme si on devait entamer chaque régime par une chasse aux sorcières, donnant à chaque président durant son mandat au moins une opportunité de nommer des sénateurs de son choix.

Dans l’autre chambre à Tsimbazaza, qui à proprement parler ne se distingue pas à prétendre être une chambre de sages, le ton est comme à l’habitude aussi turbulent que dans une criée, ce qui prête à certains observateurs l’idée d’y soupçonner des manœuvres de marchandage. En ce Palais aucune note de tristesse à trois jours de l’expiration de cette législature. Tout donne l’impression qu’ici pour un grand nombre l’essentiel consiste à cueillir la vie au jour le jour et de profiter de toutes  les opportunités qui se présentent.

Une mission essentielle justifie cette session extraordinaire, céder le pouvoir de légiférer au Président de la République, «patron» de l’exécutif. Dans les circonstances qui sont, c’est sans doute la solution idoine non seulement pour éviter un vide institutionnel comme certains aiment à croire, mais surtout pour adopter des mesures d’assainissement indispensables dans le mode d’élire prochainement de nouveaux députés. À l’occasion il aurait peut-être convenant, si le temps l’avait permis, de donner l’occasion au Parlement de faire amende honorable en votant des rectificatifs au Code de la Communication, réputé loi scélérate aux yeux d’une grande partie de l’opinion, loi que ce même parlement avait adoptée sans ciller au terme d’une séance obscure.

Signes du style

À peine installé, le Président de la République effectue une tournée, manière de signifier une volonté d’être proche du peuple. Démarche destinée en premier lieu pour prêter écoute au peuple, mais aussi pour lui transmettre des messages afin de mobiliser une adhésion active de la population aux efforts des projets à réaliser. Andry Rajoelina a réservé sa première visite aux populations du Grand Sud, regroupant les régions parmi les plus défavorisées de l’île. Des gestes portant sur des secours de première nécessité, vivres et moyens pour accéder à l’eau donnent une orientation de l’action à entreprendre. Certes il s’agit de signes positifs concernant des urgences, reste à faire suivre des chantiers pour apporter des solutions de fond à des situations qui n’ont souvent fait l’objet que de sparadraps pour soigner les cancers qui minent la population et rongent la société.

Dans la foulée, le président a laissé au premier ministre le soin de frapper les trois coups du lever de rideau sous le signe de la modération. Ce dernier a frappé un grand coup pour faire spectacle. «Gare aux têtes qui dépassent» tel a été le message, à commencer par les hauts dignitaires. Un ministre rappelé à l’ordre pour s’être fait précéder d’une voiture ouvreuse munie de gyrophare, ce n’est pas commun encore moins par une médiatisation de l’incident. Dommage de l’avis du public que seul le chauffeur ait fait l’objet d’une sanction, comme si le système était à faire payer les petits commis davantage à l’ordre que responsables.

 

Léo Raz

 

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