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Chronique: «J’ai eu un cauchemar»

La montée de violence que manifestent la sauvagerie dans la perpétration d’actes de banditisme et le déferlement de brutalité accompagnant les faits de petite délinquance, hante les esprits, crée une psychose. D’autre côté le retour menaçant des délestages entraîne un état d’esprit à redouter pire. Pire, c’est l’accélération du rythme du phénomène et l’allongement de la durée lors de ses apparitions, «le pire» c’est ce que vivent des quartiers de banlieue :  l’électricité limitée à des périodes où l’on en a le moins l’usage (de 22 à 5 heures). Plus grave encore ce que l’on ne peut dire sans avoir à violenter la grammaire, un «plus pire» que le pire, situation que vivent les abonnés dans des villes de région. La seule imagination n’arrive pas toujours à cerner toute l’horreur de vivre dans les conditions de ce plus pire, retour dans le passé. Une régression que l’on appréhende  à cause de l’actualité, tellement obsédante qu’elle peuple le sommeil de cauchemars faisant vivre de façon virtuelle les affres d’une réalité potentielle. Comme si ça ne suffisait pas, les maîtres de la distribution des fournitures basiques (électricité et eau), pour doubler l’épreuve couplent les coupures et s’essaient à n’ouvrir les robinets du réseau d’eau qu’aux mêmes heures indues et en prime à compte-goutte.

Silence dans les rangs ! D’être branchés au réseau de distribution oblige à un peu de décence en se considérant privilégiés, des milliers de foyers attendent d’être raccordés. Encore qu’à ce qui se raconte, ceux-ci aussi sont vernis, ayant la chance de pouvoir croire que leur tour arrivera dans quelques mois au pire dans un an ou deux. Rêve que ne peuvent caresser les 80% de la population en majorité privés d’énergie électrique, en partie pénalisés à la fois par une inaccessibilité à l’eau potable. Branchement à un réseau de distribution d’électricité, accès à la fourniture d’eau potable, des conditions basiques de vie normale en ce 21ième siècle du point de vue qui en jouissent, confort considéré comme luxe par bon nombre de déshérites, des oubliés de la modernité.

À croire vertueux les dirigeants on incline à les plaindre en pensant leur sommeil agité. De quel côté qu’ils se retournent, des scènes cauchemardesques ne leur laissent pas de repos, l’esprit en constant éveil sur la responsabilité des tâches dont la perspective promet de les secouer sans répit ni indulgence. Bienheureux seraient ceux qui ne rêvent pas d’être dirigeants, considération qui toutefois ne les dispense ni d’avoir des responsabilités de citoyen ni du devoir de déployer les efforts afin de les assumer au mieux.

Léo Raz

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