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Chronique: sérénité en sous-sol

Libérée de l’appréhension concernant l’apparition de troubles apocalyptiques au lendemain des élections, la population semble quelque peu pantoise, présente  comme simple spectatrice attendant la suite dans l’espoir d’une conclusion  heureuse. Les gens vaquent à leurs occupations en étant soulagés de la menace, certains se détachant presque du fardeau des soucis quotidiens comme s’ils coulaient déjà des jours heureux dans un éden qu’ils se sont imaginé tout seuls davantage que l’on ne le leur a promis. Le réveil risque de provoquer des déconvenues et pas pour eux seuls, mais aussi pour un bon nombre de personnes sur lesquelles les difficultés pesant à l’excès se sont fabriqué des illusions en reposant une confiance aveugle sur des miracles. Le choix exprimé par la majorité des électeurs prend signification de sagesse, ainsi une grande partie de la population interprète le sens de la démocratie. Simplification qui dispense de commentaire si ce n’est que l’excès de simplicité entraîne souvent sur un terrain ouvert à tous les vents de malentendus.

Lors de ses premiers messages, le Président Rajoelina a procédé à des mises au point indispensables, la plus urgente étant l’établissement du calendrier des échéances concernant les résultats perceptibles par la population. Un an c’est sûrement la bonne mesure, pourvu que corresponde à cette durée la période de grâce dont bénéficient tous les présidents à leur avènement. Cette période, naturelle conséquence des résultats d’une élection acceptés par tous, permet à l’élu de mettre en place les dispositions utiles à la politique qu’il entend mener. Ça ne suffit pas à justifier de mettre en panne la situation surtout lorsqu’elle n’est pas brillante ainsi qu’elle se trouve en l’état actuel. Il ne s’agit pas pour autant d’en charger de la responsabilité la population : chacun se démène comme il peut à survivre dans un cadre où le plus grand nombre ne parvient à résister que de façon médiocre ou en enfreignant de manière plus ou moins grave le cadre de la loi. À chaque propos revient la question de cadre, alors que reste aussi et peut-être surtout le problème de l’état d’esprit qui y règne. Là non plus il ne s’agit pas de charger la population, même si l’on est obligé de reconnaître la nécessité d’élever la mentalité à un niveau citoyen et de sensibiliser la population à se forger un mental sinon de gagnant au moins de combattant. Encore un retour à cette détermination «effort et sueur», à laquelle il faut adjoindre la perspicacité qui fait souvent la différence «suer pour suer tant qu’à faire, de préférence le faire pour produire et pour en dégager honnêtement un réel  profit».

La production de biens (rurale, artisanale, industrielle) fait hautement défaut et le déficit pénalise gravement l’équilibre l’économie. Le volume et le coût des importations en rapport à ceux des exportations disent les causes de l’appauvrissement, il ne faut pas être sorti des Saint-Cyr pour se faire une obligation de produire plus et encore afin de pouvoir se ménager des chances d’échapper à la pauvreté. Facile à dire, seulement le système économique et le domaine social présente des problèmes autrement plus complexes et en conséquences des solutions aussi difficiles à trouver qu’à appliquer. Chercher à les résoudre, mettre à l’œuvre les solutions qu’il a proposées et qui ont convaincu une majorité de l’électorat jusqu’à rallier l’ensemble de la population en vertu de la démocratie, ainsi se trouve le challenge auquel doit faire face Andry Rajoelina avec la collaboration de ceux qui par son truchement ont pris le pari de parvenir à l’Émergence de Madagascar. Les personnes qui ont collaboré à l’élaboration de ce projet ne sont pas nécessairement des adhérents ou militants dans une organisation politique, mais ils n’auraient su participer à un projet politique sans avoir eux-mêmes un sens politique défini et sans avoir une connaissance approfondie du terrain politique, économique et social. La formation du gouvernement ne pourrait ainsi se réduire à une fausse polémique opposant personnel politique à compétence technique. Animés du sens de la patrie chacun et tous sont désormais politiques, plus techniques sont les proches du dossier. Que les députés désignent un premier ministre doué de ruse politicienne, ainsi dispose la constitution, reste que l’organisation du gouvernement et le choix des membres relèvent davantage d’un pragmatisme pour donner un max de chance à la réussite de la politique convenue entre le Président et le Peuple.

Léo Raz

 

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