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Chronique: bonjour pays, bonjour payse !

Un sourire ou un regard qui signifient : « Je ne sais pas qui tu es mais ici, au milieu des autres si différents, je te reconnais comme l’un des miens et en te souriant, je te demande de me reconnaître comme l’un des tiens».  Ce sourire complice, c’est celui qui met du baume au cœur de l’expatrié (au sens premier du terme, c’est celui qui a quitté sa patrie) quand il croise un compatriote.

En France, où les expatriés malgaches se comptent par dizaine de milliers, la tradition se perd, dit-on. Il n’est pas rare qu’en lieu et place du signe de reconnaissance, on préfère détourner le regard pour laisser l’autre à son altérité ou tout simplement à son individualité. L’intégration demande parfois un effort tel qu’on choisira d’ignorer celui qui nous renvoie à cet ailleurs qu’on a quitté.  C’est vrai surtout en France, pays dont on a appris à connaître les traditions et dont on comprend la langue sans trop de mal. Dans des pays plus « lointains », le sourire de connivence sera souvent suivi du plaisir d’entendre parler la langue maternelle. A des milliers de kilomètres de la mère patrie, on oublie vite que les variantes dialectales étaient un obstacle insurmontable et on se découvre comme par enchantement de formidables points communs là où on voyait dissemblance et incompatibilité quand on vivait au pays. Ce qui vaut pour les Malgaches est sans doute vrai pour les étrangers à Madagascar. On se souvient des associations régionales de la diaspora française, communautés dans la communauté, aujourd’hui diluées dans une certaine idée de la France. On connaît moins les autres communautés mais gageons qu’elles partagent aussi le regard qui signifie « ici, au milieu des autres si différents, je te reconnais comme l’un des miens et en te souriant, je te demande de me reconnaître comme l’un des tiens».

 

Kemba Ranavela

 

 

 

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