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Chronique: signes de modération

La population vaque à ses occupations dans le calme attendant la suite des événements avec une relative sérénité malgré le climat d’insécurité inchangé qui inquiète, par dessus les brutalités de la saison des pluies. Un état des lieux  révélateur des faiblesses et défauts d’un système de gouvernance qui parle de développement alors que la réalité montre les limites de la capacité à maintenir en état les acquis. Ça n’empêche que les politiciens se bousculent dans l’arrière-cuisine du nouveau président. Là non plus rien ne change,  d’avoir entendu l’élu du peuple annoncer qu’il serait le président de tous a ravivé l’ambition voire l’appétit de toute une faune au sein de laquelle se sont glissés fatalement quelques prédateurs au visage d’agneau qui menacent de troubler les eaux claires dans lesquelles Andry Rajoelina a signifié une volonté de baigner la conduite et la marche des affaires publiques et privées.

Face à l’immensité de tâche qui attend, faut-il encore avoir le courage d’un apôtre ou être doté d’une inconsciente vocation de galérien à vouloir se porter candidat. Les charges des hautes responsabilités promettent d’être lourdes, d’autant plus qu’il est annoncé une restriction du nombre des membres du gouvernement élément essentiel du rouage sur lequel repose la réussite du projet.

Un gouvernement restreint constitue d’entrée de jeu un signal fort annonçant un changement de style, commencer la restriction par le haut. Si en prime les princes et barons du système font la démonstration d’une humilité à réduire le train de vie et les passe-droit exagérés de pratique auparavant, alors ils auraient gagné une partie de la bataille. La règle n’a pas changé : dans un premier temps efforts et sacrifices constituent les conditions indispensables pour réussir un décollage. Jusqu’ici promouvoir cette formule n’a jamais réussi, les us ont appliqué à tort le précepte «charité bien ordonnée commence par soi» justifiant un égoïsme à la manière d’un hôpital qui se fout de la charité.

Les dirigeants ont souvent eu tort de croire la population peu pensante à l’égal des foules. À haute dose le tort tue, de l’avoir compris un peu tard ils en est qui l’ont payé au prix fort. Il faut reconnaitre toutefois que les commentaires au sein du petit peuple ne manquent pas de contribuer au façonnage de l’opinion publique. Rien que du spectacle de rue que cadencent les cortèges qui encadrent les déplacements des hauts responsables peut varier le sentiment qu’éprouvent les gens. Par leur rythme distancé les passages réduits aux cortèges réservés aux seuls chefs d’institution attireraient une curiosité jusqu’à susciter des marques de sympathie à condition évidemment que des zélateurs n’organisent un quart d’heure à l’avance une paralysie de la circulation. À l’inverse l’abus de priorités aussi indues qu’auto-accaparées que s’autorisent grands ou petits ministres pour survoler à coups de gyrophares et autres sirènes les embouteillages pour dénouer lesquels le pouvoir ne trouve solution, ne provoquent que désamour et même fâcherie. Ce ne sont que des détails, seraient tentées de prétendre des âmes charitables, mais détails ô combien significatifs d’une mentalité qui n’a cure des difficultés de tous alors qu’à leur tour ils cherchent à  jouir de facilités particulières. Ainsi vont et s’en sont allés les modes de gouvernances, modes qui ne le seront plus s’il faut s’en remettre à la logique des règles auxquelles devraient se conformer les acteurs pour donner une  cohérence et concordance à la faisabilité des actions dans la perspective des objectifs déterminés par le Président lors de sa campagne. On ne saurait mener à bien un projet encore moins activer leur participation à contre courant du sentiment des intéressés qui seraient les bénéficiaires des éventuels ruissellements lorsque l’objectif sera atteint. Qui veut aller loin ménage sa monture. En la circonstance la bonne opinion de la population constitue une sorte de monture. À vouloir apporter une collaboration efficace au président, les membres de l’entourage ne doivent pas perdre de vue que le public scrute à travers eux ce que peuvent être les qualités et les faiblesses du président ou au moins du régime qu’il conduit. Ainsi pour en revenir à ce détail que sont les spectacles des passages des aristos du pouvoir dans les rues : leur humilité à se fondre dans la foule, à supporter les difficultés lot quotidien de la population, ou à l’inverse leurs abus à usurper de passe-droit se répercutent sur la cote de popularité du Président. Sans préjudicier par opérations de simple séduction à l’action qu’il entend conduire à terme, une bonne popularité peut l’aider à surmonter les éventuelles embûches, d’autant plus si l’on se convainc que l’on s’attaque à mener un chantier de longue haleine nécessitant la prévision d’étendre le temps des efforts à une durée de deux mandats. De telles perspectives font obligation sur deux fronts : ne pas  brûler les chances de politicien responsable, ni d’autre part bâcler l’action nécessaire  au projet dont le citoyen-président ambitionne avec détermination la réussite.

 

Léo Raz

 

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