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Chronique: une tâche de bénédictin

 

La mairie d’Antananarivo vient d’adopter des mesures pour rappeler aux automobilistes l’interdiction de stationner les véhicules sur les trottoirs destinés en principe aux piétons. Gesticulations qui risquent de ne servir qu’à rappeler l’ordre sans permettre l’illusion de refléter une volonté de vraiment rétablir l’ordre. L’équipe à la tête de la commune n’ignore pas les difficultés à faire suivre d’une quelconque efficacité cette décision. Les voies de circulation et les aires de stationnement sont insuffisantes pour accueillir un nombre déjà pléthorique et sans cesse croissant d’automobiles, de plus la puissance publique ne dispose pas des moyens de coercition  pour  dissuader les usagers de commettre infractions et indélicatesses de tout genre. Comme pour aggraver l’impuissance à faire face à ces difficultés matérielles règne un état d’esprit à faire moins cas des règles qu’à adopter des comportements inappropriés en rapport à la discipline mais propres à surmonter les dysfonctionnements.

Rien sûrement n’illustre aussi bien que la pagaille de la circulation des piétons et des véhicules, le règne d’anarchie à laquelle la population semble s’accommoder. Ce règne fait pourtant droit à l’iniquité (tsy rariny), les piétons n’ont plus d’espace à circuler, obligés d’empiéter sur la chaussée affectée aux véhicules. Même ne sachant qualifier autrement que par anarchique ce fonctionnement (quoiqu’il ne le soit pas tout à fait, des sortes de règles tacites semblent organiser le désordre), on ne peut taire la nocivité de la dérive. Lorsque le droit établi ne fait pas le poids face à des états de fait, la droit ne fait plus loi et ne prête plus foi. Pour revenir dans le droit chemin d’un état de droit, indispensable de rendre importance et force à la loi.

Certes à l’avènement du nouveau Président, un président tout décidé à remuer les choses, à éveiller la population, à dynamiser les efforts et le travail, on se met à espérer les frémissements d’un vent qui soufflerait un changement, même s’il faut se garder de croire en une réussite brutale d’un renouveau. Dans le cas d’espèce le président n’a pas rôle à s’occuper des détails de la gestion d’une ville, d’autant plus que les aspirations tendent à revêtir la décentralisation d’une réelle effectivité. Pourtant il lui revient et d’insuffler un souffle nouveau pour que s’opère une révolution des mentalités, et à la fois de dresser un cadre pour que tous œuvrent chacun à son niveau avec un état d’esprit autre que celui actuel. Objectif dont l’ouvrage requiert d’assumer autant d’une charge de forçat qu’un labeur de fourmi avec la détermination d’un moine.

 

Léo Raz

 

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