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Chronique: avec toute mon affection

Philibert, Gabriel, Didier, Albert… Que vous disent ces prénoms qui accusent leur âge ? Ils sentent le passé, le moisi ou la fraîcheur des placards parfumés aux herbes de senteur, c’est vous qui choisissez.

A l’époque où ces prénoms étaient reconnus, ils étaient associés à des noms, d’ailleurs ce sont ces noms qui se rappellent à notre bon souvenir quand on veut exhumer quelques photos sépia de nos placards, ceux-là même qu’on parfume aux  herbes de senteur.

Le temps est passé par là. Aux oubliettes les noms qui prennent trop de place à la une des journaux et dans les conversations. Que vivent les prénoms, tellement plus percutants que ces noms malgaches imprononçables ! Nous avons découvert la magie de la légèreté. Utiliser le prénom sans le nom, c’est rapide et presque aussi efficace qu’une séance chez le coiffeur : en quelques coups de ciseaux on rajeunit de dix ans… C’est le coiffeur qui le dit et on a envie de le croire. Nous avons donc bien rajeuni ces dernières années. De Marc à Hery en passant par Andry, nous appelons désormais nos dirigeants comme on évoque de vieux amis avec lesquels on partage des souvenirs d’enfance enjolivés pour les uns, dépréciés pour les autres.  Nous nous autorisons avec ces vieux amis une familiarité qui n’est pas toujours très indiquée, oubliant que la distance induite par le nom est  une source de respect, souvent salutaire.

Mais ce signe de chaleureuse proximité, premier pas, et quel pas, vers la légèreté, manquait encore d’un petit quelque chose indéfinissable. Entraînés par la fougue de la jeunesse, nous sommes allés chercher dans quelque recoin de notre inconscient national un sens de la famille revisité par un courant moderniste. Nous avons alors finement opté pour des termes affectueux qui remettent chacun  sa place : dada, neny, mais aussi le petit, le jeune… Il n’y a pas de jaloux. On aurait presque envie de se saluer en se tapant amicalement sur l’épaule. Tout va bien, on reste dans la grande famille de Madagascar, n’est-ce pas ?

 

Kemba Ranavela

 

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