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Chronique: valeur du passé à conjuguer au présent

Vivre une pratique de la démocratie ne devrait pas présenter une gymnastique requérant des efforts particuliers à la population malgache, au quotidien la notion lui est familière, du moins en paroles. La formulation «be sy ny maro» ne traduit peut-être pas de façon exacte «démocratie» mais dans l’application elle ne s’en éloigne guère. Le renforcement de «be» (nombreux) en redoublant tout à la fois que nuançant sa signification par «maro» (grand nombre) souligne la constitution d’une majorité reconnue à laquelle on prête valeur et autorité. Souvent dans le choc des civilisations (singulières et mondiale) chaque peuple tend à ne conserver ses traditions que par le verbe davantage que dans le geste. De cette réalité les acteurs politiques (les nôtres en l’occurrence) trouvent une opportunité à en tirer profit pour exploiter les valeurs du passé en les accommodant à leur confort du présent. Il en est ainsi de «fihavanana», «rariny»,… des termes auxquels on ne fait que trop souvent référence dont on se plaît même à disséquer le sens, valeurs qui pourtant par des usages impropres voire malpropres s’usent et se vident de leur contenu. Ces valeurs sont là, mais ne servent qu’à illustrer les discours, sans capacité d’illuminer les conduites.

La cérémonie de proclamation des résultats de l’élection a prêté au président de la Haute Cour Constitutionnelle l’opportunité de rappeler l’obligation de rendre aux valeurs ancestrales la place et le rôle qui leur reviennent. Dans la suite de cette juste pensée on ne sait la raison qui l’a obligé de s’arrêter en si bon chemin et de s’abstenir à illustrer ces propos par l’importance d’une active adhésion de tous au choix voté par le «be sy ny maro» : sujet d’actualité ô combien brûlante !

Le schéma actuel indique une tendance des opportunistes à déborder de zèle pour s’abriter sous la «bannière du vainqueur». En considération des pratiques installées difficile de condamner ces réflexes qui ne font pas l’idéal, d’autant plus qu’en chemin à l’opportunité des difficultés qui se feront jour, les opportunistes ne laisseraient pas échapper l’occasion de monnayer le complément de soutien qu’ils croient apporter. Toutefois hors cette classe caractérisée par des pratiques de pareille vilenie, individuellement le citoyen lambda mérite de prendre davantage part à la vie publique en faisant entendre sa voix pour exprimer voire dicter ses choix au candidat devant le représenter à l’Assemblée Nationale et qu’ainsi cette assemblée résonne de discours qui ne trahissent plus la vérité des volontés du peuple.

Léo Raz

 

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