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Chronique: comment peut-on être puissant ?

Que faites-vous quand malgré les bons vœux de vos proches et un optimisme à toute épreuve, vous êtes déconcerté face à l’actualité ? Pour ma part, je relis les Anciens. Non qu’ils délivrent des vérités qu’il faudrait suivre comme un dogme infaillible. Mais lire et relire les Anciens nous permet de prendre de la distance avec le quotidien. En cette énième période trouble, j’ai relu quelques Anciens avant de me tourner vers un auteur contemporain dont le message raisonne curieusement jusqu’à nos terres indianocéaniennes.

Cet auteur, c’est le philosophe et paysan Pierre Rabhi, pionnier de l’agroécologie en Ardèche, dans le sud de la France. Visionnaire et précurseur pour les uns, gourou des temps modernes pour les autres, le philosophe-paysan est un homme atypique, controversé et très médiatisé qui invite à « l’insurrection des consciences ». On n’en est pas encore là, ici pas plus qu’ailleurs et la semaine qui nous attend ne sera probablement pas celle du grand chambardement des consciences sur notre île. Pour autant, lire Pierre Rabhi dans le contexte local est une petite respiration.

Dans La puissance de la modération, essai publié en 2015, Pierre Rabhi écrit : «la modération est puissante en ce qu’elle nous permet de reconquérir notre légitimité : plus nous sommes modérés, plus nous pouvons répondre à nos besoins fondamentaux et nous garder de l’aliénation. Elle concentre nos efforts sur l’essentiel, nous libère d’un système complexifié et exalte le génie et la force de la simplicité».

Si le mot ne fait pas partie de notre vocabulaire habituel, la modération est un concept qui ne laissera personne indifférent à Madagascar où on la confond trop souvent avec son lointain cousin, le consensus, valeur cardinale bien plus forte que le respect des lois dans notre doux pays.

Bien sûr, il serait déplacé de demander à nos compatriotes qui ne mangent qu’une fois par jour d’exalter le génie de la simplicité. Mais dans quelques cercles où les ventres sont pleins, on gagnerait sans aucun doute à apprécier la puissance de la modération.

 

Kemba Ranavela

 

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