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Chronique: de la souffrance et de la sueur

Les deux candidats n’ont pas menti en faisant miroiter des objectifs qui prêtent à rêve. Toutefois on constate que dans des élans emplis d’optimisme, ils ont minimisé l’importance du coût ou même carrément omis d’entretenir la population à propos des efforts indispensables avant d’atteindre le but. Ces oublis risquent de créer un malentendu à partir d’un sous-entendu celui-ci reposant sur une surestimation. Histoire et légendes enseignent sur d’incontournables traversées de désert pour parvenir à un éden promis. Les gens ne retiennent pas tous les lecçons de l’histoire, aussi il a été de valeureux chefs qui ont pris soin d’annoncer aux troupes le prix à payer : verser sueurs larmes et sang.

Dans les circonstances actuelles, vaut mieux s’abstenir de parler de sang, propos qui n’a de sens que dans le cas d’une guerre ou de grave crise intestine, hypothèse dont personne ne souhaite une réapparition alors même que l’on en court les risques. Fins observateurs ou simples citoyens nombreux redoutent un coup de sang du camps des battus suite à la proclamation de leur défaite, réaction qui les pousserait à provoquer un grand chambardement. Pareille manifestation coupable d’égoïsme entrerait en contradiction avec la présomption d’amour du pays et de la population dont ont bénéficié tous les candidats malgré les inconduites auxquelles nombre d’acteurs politiques ont habitué le peuple bon-enfant.

Cette hypothèse balayée, le malentendu demeure et risque d’alourdir le climat d’un sentiment de déconvenue. Sans rien enlever à la responsabilité du candidat devenu président, les corps intermédiaires au nombre desquels on compte les professionnels des médias trouvent un supplément d’obligation à faire avaler la pilule à la population, pilule qui exige une efficace participation aux efforts. Toutefois après le grand malentendu plus de place à d’autres malentendus ! Il s’agit de bien s’entendre sur le sens des «efforts». La population se prêterait sûrement à développer des efforts destinés à produire, à verser de la sueur, à l’inverse elle serait moins encline à accepter l’ambiguïté dans laquelle on ne l’a que trop longtemps entretenue à savoir comprendre les sacrifices dans les efforts. Sueurs ? Oui. Larmes ? Non. À devoir mobiliser la population pour produire plus et plus encore, les médias ont une belle carte à jouer, à être complices des manœuvres destinées à imposer à la population de devoir serrer d’un cran la ceinture ils perdraient toute noblesse à leur mission. Du reste pas sûr que le peuple accepte encore de jouer le rôle de dupe, l’explosion de colère des populations est de mode.

 

Léo Raz

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