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Chronique: santé, prospérité, bonheur

Et voilà, on est au mois de décembre. L’année 2018, tant redoutée et si riche en rebondissements s’achève bientôt. L’heure n’est pas encore aux bonnes résolutions, on se les réserve pour la nouvelle année. Mais au mois de décembre, il est permis de rêver. Grisé par les décorations qu’on installe de plus en plus tôt dans les magasins, on s’autorise à faire une liste au Père Noël et à ses représentants dans le monde des adultes. Attention, on n’est pas matérialiste : on ne demande pas une plus grosse voiture, une plus grande maison et la décoration bling-bling qui va avec. Pour ne fâcher personne, on propose une liste consensuelle. Pour tout le monde, on demande la santé, la prospérité et le bonheur.

A première vue, la liste est simple, on ne prend pas trop de risque à souhaiter une bonne santé à tous ses compatriotes. C’est une erreur. Quand on aborde le sujet de l’accès aux soins et de la qualité des soins administrés dans les centres de santé du pays, on marche sur des œufs parce qu’on n’est pas tous logés à la même enseigne quand il faut se soigner. Mieux vaut être riche et bien portant que pauvre et malade, rien n’est plus vrai. Cela dit, on ne parle pas de « santé pour tous » comme on s’accorde aujourd’hui sur « l’éducation pour tous ». Dans ce domaine, une lettre adressée au Père Noël ne suffira sans doute pas à renverser la situation en 2019.

Avec le mot suivant, c’est différent. Les variations sur le thème de la prospérité sont infinies. Pour les uns, une cuisinière à gaz ou un réfrigérateur électrique, pour d’autres, un cheptel de zébus immunisé contre les dahalo, pour d’autres encore la fonction et le statut, signes de reconnaissance toujours efficaces. Et pour tout le monde, plus de viande et moins de brèdes au sel et à l’huile pour accompagner le riz du midi. On ne s’étonnera pas que la prospérité soit considérée comme le premier pas vers le bonheur. Parce que, n’en déplaise au regretté Charles Aznavour, la misère est toujours pénible, même sous le soleil des tropiques.

 

Kemba Ranavela

 

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