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Pérégrinations hebdomadaires: duel sans partage

À considérer les performances réussies au premier tour par l’un et l’autre des deux candidats qualifiés pour le second tour le combat s’annonce rude. Autant les scores obtenus par chacun promettent un duel équilibré reflétant une division en deux parties à peu près égales de l’opinion, autant il faut espérer de la part des deux finalistes la conscience de leur grande responsabilité à veiller pour que cette division de l’opinion ne se transforme en une fracture de la population. Il n’est pas impossible que les deux camps se donnent à des spectacles où ils se déchirent l’un l’autre, pareilles scènes menacent pourtant de laisser des traces de déchirure après match, déjà qu’il n’est que naturel que la défaite s’accompagne d’un goût amer à avaler. Comment combattre sans partage à la fois que veiller à ne pas partager le pays en deux, tel est le challenge (une gageure) qui se pose aux compétiteurs pour mériter d’être homme d’état. Ce n’est pas gagné d’avance. Une victoire suivie de troubles ne signe pas une réussite, de même une défaite provocatrice de perturbations ne fait que confirmer l’échec.

Les obligations des candidats ne libèrent pas d’autant de ses responsabilité le peuple. Décideur il ne saurait accepter d’être simple instrument aux mains de manipulateurs.

Seuls les résultats peuvent dire le choix du peuple

Trahison, hold-up et autres accusations pour dénoncer des détournements de votes constituent toute une panoplie de formules chocs utilisées de façon récurrente pour rejeter les résultats. Personne n’est dupe, le vote et les résultats subissent des tentatives plus ou moins réussies de manipulations dans le but de détourner les suffrages au détriment de tel ou tel candidat au profit de tel autre. Le phénomène s’est érigé au rang de légende, un mythe qui prive chaque candidat de la présomption d’innocence en la matière aussi plane sur tous la suspicion de vouloir y procéder s’ils en ont la possibilité. Il n’en reste pas moins (exception faite des élections dans les républiques bananières) que personne ne saurait prétendre détenir des résultats plus proches de la vérité que ne le sont les résultats proclamés. Pour cette raison dans les régimes où l’on reconnait à la démocratie son importance et son mérite à être défendue, le système entoure de procédures strictes la préparation, le déroulement des élections, la collecte des résultats, et le jugement suite aux requêtes relatives à différents actes incriminés de porter atteinte à la bonne marche de l’élection et à la véracité des résultats.

Jamais encore les résultats d’un premier tour d’une présidentielle n’ont révélé un tel écart entre les deux premiers et le reste du peloton, jusqu’à couvrir de ridicule les 34 des 36 concurrents avec des scores qui les ampute du rôle de figurant qu’ils espéraient décrocher pour peser sur le second tour. Une bonne leçon pour l’avenir, les potentiels candidats y regarderont à deux fois avant de se lancer dans une aventure pour laquelle ils n’ont ni l’envergure ni les moyens de leur prétention. Cette fois-ci les candidats aux petits bras ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes de ce repli du choix des électeurs dès le premier tour sur deux hommes forts, à tour de rôle chacun considéré unique recours contre le retour de l’autre. Le prétendu groupe des objecteurs de la tenue de l’élection pour laquelle ils se portaient pourtant candidats, par une succession de postures inconséquentes n’a réussi qu’à alarmer sur la situation et à faire montre de son impuissance à y porter remède, ainsi il a fini par jeter  le gros des électeurs en alerte cherchant refuge dans les bras des plus puissants pour y trouver protection.

Les rôles sont bien répartis, à chacun d’y assumer ses obligations et d’en endosser la responsabilité. En l’espèce la CENI a la charge de la préparation, d’un bon déroulement de la consultation, de la collecte acheminement sécurisation et comptage des résultats qui n’ont de valeur qu’a être provisoires, c’est à la HCC de les officialiser après contrôle par ses initiatives et après qu’elle ait statué sur les litiges dont elle a été saisie. C’est au peuple par l’entremise des électeurs qui assument le devoir, qu’appartient la décision, en amont et en aval les organes et institutions techniques développent les efforts pour assurer au vote populaire l’expression fidèle des choix du peuple.

Voter, haute responsabilité citoyenne

L’élection trouve justification à être le mode idoine d’expression des choix du peuple, ce qui fait du vote une obligation citoyenne. Les circonstances présentes donnent encore davantage de valeur à ce devoir. Certes le choix n’est pas large il se réduit à deux possibilités. L’issue reste ouverte, considération qui donne toute son importance au vote de chaque électeur. Les deux candidats devront encore développer leur art de séduction pour convaincre des avantages que présentent les projets qu’ils proposent et des qualités individuelles faisant de l’un ou de l’autre la personne la mieux désignée pour endosser la plus haute fonction. Il reste tout un bassin d’indécis, la réserve d’abstentionnistes du premier tour et quelques 20% des votants de ce premier tour dont les voix se sont portées sur d’autres candidats ou qui ont exprimé un suffrage blanc ou nul. L’un dans l’autre il reste la moitié des électeurs à conquérir. Chaque électeur prend de l’importance; petite coquetterie sur l’obligation, faire l’objet d’une cour rend hommage au rôle que l’on assume. On se doute bien que le choix peut se présenter cornélien quand de l’un ou de l’autre des candidats on ne dégage pas un meilleur. Raison de plus pour se résoudre à faire un choix héroïque : voter pour le moins pire et ainsi barrer la route au pire. Un vrai sens à son vote, récompensé de la satisfaction du devoir citoyen accompli. .

Léo Raz

 

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