Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Flash
Préc Suiv

Vie de société: tracteur de cyclopousse à 16 ans

Vie de société: tracteur de cyclopousse à 16 ans

Christophe Rebotoaly est tracteur de cyclopousse à Toliara. Originaire de Tsihombe, il a embrassé le métier dès l’âge de 16 ans, les effets de la période de soudure, qui se prolonge de plus en plus chaque année, obligent. Interview

Les Nouvelles : Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir tracteur de cyclopousse ?

– Christophe Rebotoaly : Je suis un Antandroy originaire de la brousse de Tsihombe. On a toujours du mal à s’en sortir lors de la période de soudure dont les effets s’aggravent de plus en plus chaque année. Mes deux grand-frères qui sont des tracteurs de cyclopousse à Toliara nous soulignent toujours les avantages de vivre et de travailler en ville plutôt que de subir cette situation de «Kere» périodique. Le mois de février 2017, à l’âge de 16 ans, j’ai décidé de tenter ma chance à Toliara après avoir vendu les deux chèvres qui me restaient.

. Racontez-nous un peu vos débuts dans le métier ?

– Dès la première semaine, j’ai failli abandonner avec toutes les courbatures et crampes que j’ai endurées tous les soirs. D’ailleurs, en voyant mon physique, ils sont rares les clients qui me font confiance. Il arrive souvent que j’emprunte auprès de mes frères pour compléter la location de mon cyclopousse, qui est de 4.000 ariary la journée. Toutefois, les persuasions et les encouragements de mes deux frères ainsi que des collègues m’ont incité à persévérer. Ils ont tous témoigné qu’ils sont passés par là. Bien leur en prit, car cela fait maintenant plus d’un an que je suis dans le métier.

. Avez-vous déjà entendu le mot «droits des enfants» ou rencontré des organisations civiles qui recommandent dans ce sens ?

– Vaguement. Je n’ai entendu ce mot qu’ici à Toliara. D’ailleurs, comme vous le savez, dans notre société, on ne parle guère des droits des enfants tant qu’ils vivent encore aux dépens de leurs parents. C’est purement de la révolte et le bannissement certain au sein du foyer et de la famille. Quant aux organisations civiles, il arrive des fois qu’elles nous rendent visite dans la brousse à Tsihombe. Cependant, elles viennent surtout pour aider les jeunes filles et les femmes plutôt que les hommes.

– Quelles sont vos perspectives ?

. Devenir plus tard propriétaire de cyclopousse, voire un «Bajaj». J’économise tous les jours dans ce sens. Pour fonder une famille, rien ne presse, plutôt dans cinq ou sept ans, on verra bien.

Propos recueillis par Sera R.

 

 

Les commentaires sont fermées.