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Pérégrinations hebdomadaires: entre un sacre et une belle

L’un croit en ses chances d’obtenir un sacre dès la proclamation des résultats du premier tour, l’autre se prépare à jouer une belle pour le départager de son adversaire, il faut bien se résigner à les voir en adversaires étant donné qu’ils se considèrent davantage ainsi qu’en concurrents.

Les jeux sont faits, plus personne n’y peut rien, il n’y a qu’à attendre le verdict de la Haute Cour Constitutionnelle, seule autorité compétente en la matière et qui de plus statue en dernier ressort, ce qui signifie que sa décision s’impose de suite sans nulle possibilité de recours. Les deux parties ont l’une et l’autre exprimé l’intention de respecter la décision de la H.C.C., alors que nombre d’observateurs redoutent encore l’explosion de troubles, suspectant dans ces déclarations rien d’autre qu’un stratagème pour mieux attaquer les réactions de l’adversaire que chacun des protagonistes soupçonne réciproquement de ne pas devoir se contenir et de passer à la contestation jusqu’à rejeter toute décision contraire à celle qu’il attendait. Sur ce parallèle des postures repose le fragile équilibre du moment, aussi du calme comme du bouillonnement on ne peut que prendre garde, un rien peut faire basculer dans une crise, reste à la population, qui en redoute pareil avènement, de répondre ou non aux appels de sirène qui pourraient venir de part ou d’autre.

Le temps des rémissions

Ne pas trop en faire pour ne pas enfoncer davantage le clou dans la plaie, ainsi le réclame un peu de générosité afin de contribuer à la rédemption du système. Il ne s’agit donc pas de faire la genèse de la HCC pour en faire le procès, mais afin de prendre la mesure des efforts nécessaires à son redressement pour mieux les accompagner d’un encouragement silencieux, on ne peut éviter de considérer la réalité de la renommée qui accable cette institution pivot du fonctionnement du système. Alors que selon la constitution dans l’absolu le plus grand nombre fait la loi, la HCC pourtant gardienne de la constitution a souvent incliné à faire droit la loi du plus fort du moment. Têtue cette réputation, qu’elle a acquise à juste titre ou de façon injuste, la poursuit malgré les successions périodiques normales des membres qui la composent. Les derniers en date n’ont pas su relever le défi d’opérer un redressement, au contraire nombre de décisions n’ayant réuni que contestations et provoqué désordres n’ont réussi qu’à ternir davantage l’image de l’institution. Ça n’a pas été faute de son président qui ne s’est pas économisé de monter au devant de la scène pour défendre des indéfendables de l’avis d’un grand nombre. Au moment opportun actuel où l’institution décide de se faire une nouvelle virginité, cette personnalité se trouve ne pas être la mieux qualifiée pour déclarer cette bonne nouvelle. La formule adoptée ne semble pas pourtant avoir été la panacée. Le directeur de cabinet, illustre inconnu du public, est projeté en première ligne pour dire l’engagement de l’institution. Certes il n’était question ni d’en faire une procédure solennelle, ni de passer des aveux de contrition, cependant l’annonce concernant un important virage aurait mérité l’intervention d’une autorité de premier rang. Le pôvre ! Le sacrifice de l’«innocent» a toutefois fauché la possibilité pour le public de se gargariser à qualifier l’intervention de «promesse d’ivrogne». Ce qui ne signifie pas que l’opinion a bu comme du petit lait les déclarations. Le doute s’étant fait silencieux, rien ne garantit toutefois contre sa résurgence sous forme de contestation au lendemain de la publication des résultats. Parallèlement aux déclarations d’intention de respecter le verdict, se font jour des discours qui disent une ferme volonté de défendre coûte que coûte le choix du peuple. La situation explosive en appelle à la responsabilité individuelle des citoyens.

Élévation citoyenne à la grandeur de la démocratie

Chaque citoyen trouve droit à exprimer sa volonté en glissant son choix dans l’urne, sachant pertinemment que seule la majorité des voix fera loi. Dans le principe on accorde pleine confiance à la structure et aux méthodes destinées à tirer des suffrages exprimés les résultats. Naturellement les déçus penchent à avoir des doutes et à les émettre, la question se pose de savoir à quel moment le doute se fait raisonnable jusqu’à devenir légitime. La conviction concernant une mystification  par les résultats justifierait-elle un devoir de se rebeller ? Nécessairement d’autres en face défendent la véracité des résultats publiés. Des positions inconciliables qui divisent la population avec la menace d’un éclatement de troubles et d’un déferlement de violences en préalable d’une période de recherche de réconciliation. Une trahison par les élections ne serait qu’une manifestation d’une grande supercherie sur laquelle repose le système. Si le diagnostic va dans ce sens, le moment prête-t-il l’opportunité d’y apporter remède, les risques valent-ils la peine de provoquer un grand chamboulement qui promet d’être inévitable ? La volonté de s’y impliquer ou non repose sur le choix de chaque citoyen. Une fois encore le pays se trouve à la croisée des chemins. Le moment crucial se situe à l’intérieur de la neuvaine à compter de la transmission des résultats provisoires par la Ceni à la HCC : la semaine qui arrive.

Léo Raz

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