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Chronique: divertissement en toute lucidité

Comment se détendre quand l’ambiance n’est pas à la fête et qu’on redoute le pire dans les semaines à venir? S’enivrer dans les vapeurs de l’alcool reste un indétrônable passe-temps, les bars et autres gargotes en témoignent partout dans le pays. Mais si on n’a rien contre la lucidité, la lecture est un divertissement, solitaire il est vrai, qu’on peut pourtant partager en conseillant un livre. C’est ce que je vous propose aujourd’hui.

Partons le temps de cette chronique pour l’Iran avec Nahal Tajadod  et son Passeport à l’iranienne. Dans son premier roman paru en 2007, elle raconte une expérience, la sienne, pour renouveler son passeport dans les rouages de l’administration de Téhéran. Noyés dans les méandres de notre administration, on se sent soudain moins seul et surtout pas si mal loti en comparaison des épreuves que Nahal Tajadod a dû affronter. Parce qu’une fois que vous aurez terminé la lecture, vous ne souhaiterez à personne un renouvellement de passeport à l’iranienne, même pas à votre pire ennemi.

Bien évidemment, cela ne changera rien au climat délétère qui affecte tout le monde, oui tout le monde, dans notre pays de compromissions. Mais vous aurez passé un agréable moment de lecture, avec quelques rires en prime, et vous aurez voyagé de l’intérieur dans un pays qu’on connaît en général à travers quelques clichés. Passeport à l’iranienne vous donnera peut-être envie d’ôter le filtre des actualités pour en apprendre plus sur l’Iran, le Moyen Orient et l’Asie centrale.

Nahal Tajadod, née en Iran en 1960, vit en France depuis 1977. Femme de lettres, docteure en chinois, c’est une spécialiste du bouddhisme, du christianisme iranien et du poète perse Rûmi. Et elle écrit en français. On peut donc la considérer comme un auteur francophone, même si l’Iran ne fait pas partie de la grande famille qui s’est réunie à Erevan il y a quelques semaines.

Une fois le livre fermé, vous constaterez que la corruption et l’incivisme n’ont pas disparu. Mais vous êtes lucide, vous n’en attendiez qu’un divertissement et ce n’est déjà pas si mal.

Kemba Ranavela

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