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Pérégrinations hebdomadaires: préparer l’atterrissage

Si second tour doit être. Le conditionnel est de mise, considération faite des réserves émises par le candidat Andry Rajoelina concernant les résultats provisoires publiés par la CENI. On peut sans grand risque éliminer l’hypothèse d’une décision portant annulation sèche du premier tour, restent deux autres possibilités : celle d’une victoire de l’un ou l’autre des candidats suite à un recomptage décidé par la H.C.C, et celle de la nécessité de procéder à un second tour pour départager les deux candidats qualifiés à y participer. Andry Rajoelina qui n’a économisé ni de mots ni d’exemples d’erreurs pour discréditer les entreprises dirigées par la CENI, à l’avance et à l’inverse a exprimé la volonté de respecter le verdict de la H.C.C.

Pour les battus du premier tour, à l’exception de celui qui se trouve chocolat au pied du podium sans médaille de consolation, à première vue les carottes sont plus que cuites. Pour le second tour, d’entrée de jeu la capacité à négocier se trouve réduite à presque zéro, à l’égal des zéro virgule au mieux approximativement de 1%, scores ridicules qui risquent de dicter le niveau des échanges. Pourtant en isolant le cas du troisième, les jeux ne sont pas faits d’avance, plus que jamais les circonstances dictent un schéma qui oblige les deux qualifiés à ne négliger aucune potentialité de bénéfice si minime soit celui-ci. Les zéro-virgulistes reprendraient-ils de la couleur et passeraient-ils pour des héros aux zéro-virgules ? Il en est sûrement quelques-uns qui s’y voient déjà et qui aiguisent les couteaux pour se préparer à prendre place à la table des négociations. Pardon ! S.v.p. par ici la table dans les cuisines et arrière-cuisines, l’enjeu risque de ne concerner que miettes et eau de boudin. Ce n’est pas pour un casting concernant des figurants que l’on va déranger les boss, déjà qu’ils auront fort à faire à gérer les prétentions d’une foultitude de nominés pour les seconds rôles. Les résultats sont têtus, il n’y a pas à se leurrer, ils ramènent toujours à la réalité, les belles couleurs que les battus ont cru retrouver reviennent à leur vraie valeur, celle que leur réserve le rôle de jouer la cinquième roue de la charrette.

Il faut regarder les choses en face, le temps de préparer les parachutes est passé, après le saut dans le vide certains «ont atterri sur le cul», ça fait de la casse. Cependant comme en toute chose, diverses facettes d’un prisme donnent plusieurs angles pour lire les résultats, ce qui laisse place à des interprétations différentes les unes des autres.

En l’espèce le fait que deux concurrents mènent course en tête, suivis à respectable distance par un troisième, semant dans les choux le reste du peloton, incline à conclure que dès le premier tour une grande masse d’électeurs s’est résolue à effectuer un vote utile. À voir les choses ainsi on pourrait tout autant pencher à croire que chacun a voté en faveur d’un tel pour se protéger contre tel autre, qu’à penser que les gens ont voté pour un sauveur face au pire et vice-versa. De toutes les hypothèses il reste que dès le premier tour l’électorat a tracé une ligne de démarcation séparant deux camps bien distincts. La férocité du second tour ne saurait qu’en approfondir le sillon, à charge pour les deux champions quels que soient les résultats de s’efforcer à remblayer les cicatrices afin de ne pas diviser le pays en deux camps irréductiblement hostiles.

Dans ce schéma, les perdants sanctionnés par un approchant zéro trouvent une opportunité de redorer leur blason. En se résignant au fait d’avoir tout perdu ils n’ont plu qu’à sauver la mise et à manifester un sursaut que dicte un esprit citoyen : servir la cause patriote qu’on leur soupçonne d’avoir égarée en chemin. Des petits chemins pour mener à de viles tractations, style «de larron s’agenouiller pour être adoubé barron en échange d’un faible soutien», s’ouvre des boulevards pour en toute dignité traiter de véritables négociations : « assurer d’un ardent soutien en récompense de la promesse de veiller à s’abstenir d’emprunter telle et telle autre dérive caractéristique de mauvaise gouvernance». Le fait de ne demander aucun avantage personnel élèverait la position : fini des courbettes de mendigots, foin des humiliantes postures de quémandeurs, bonjour l’attitude de maintenir la tête relevée !  Perspective autrement honorable pour une sortie en toute dignité de ceux dont un échec retentissant a signé avec brutalité la fin de carrière en politique. Définitif, sauf fantaisie des événements, le monde politique s’amuse parfois de faire des facéties.

Illusion dont ne se berce peut-être pas le troisième dont l’opinion hésite à en faire une victime d’une réputation, larron ou fanfaron ? Nombreux observateurs considèrent en effet que la conviction d’obtenir un score flatteur relevait déjà soit d’une ingénuité pathétique soit d’une fanfaronnade immodérée. La marge de manœuvre qui lui reste pour négocier une sortie digne est étroite. Dans l’absolu les 8% obtenus représentent une respectable valeur d’échange, ça risque de moins le faire dans la réalité. Outre le fait que personne n’est vraiment maître des suffrages qui se sont portés sur son nom, dans le cas présent il est un phénomène qui dévalorise l’argument du pourcentage : l’hémorragie des cadres qu’accuse le parti qui le soutenait. Presque esseulé le plus récent EX ne pèse plus grand-chose pour prétendre influencer sur l’inclination de la balance. Il aura tout perdu sauf…

Léo Raz

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