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Chronique: crise et sursaut

La proclamation des résultats provisoires par la Ceni tarde. L’opinion s’impatiente, les états-majors des candidats ne ratent pas d’exploiter cette situation qu’ils font passer pour une anomalie suspecte et de se plaindre pour être respectivement chacun victime d’une machination. Évidemment que les grands vaincus que sont les candidats aux petits bras prétendent avoir eu raison d’avoir réclamé le renvoi de la tenue de l’élection, au tour des mieux placés du premier tour de dénoncer des tripotages effectués par l’organe responsable de l’organisation. Une épreuve de plus que doit surmonter le système et de rebondir sous peine de provoquer une crise.

Simple spectateur le public ne s’émeut pas outre mesure, habitué à pareils épisodes désolants. Plutôt qu’à se recroqueviller sur les petits malheurs que l’on inflige à la démocratie locale, on serait enclin à porter le regard vers des horizons où des initiatives populaires tentent de tordre le cou au système afin de préserver la démocratie et de labourer de nouveaux champs d’expression pour dire la volonté de la population. En France le mouvement des gilets jaunes interroge sur une désaffection qui sanctionne les organes du système traditionnel notamment partis politiques et syndicats. Loin de l’influence de ces derniers, hors du système établi, sans structure définie, le mouvement menace de réussir une manif et de secouer l’ordre sans semer le désordre. Vent debout les frêles initiatrices de ce mouvement avant de larguer les amarres obtiennent déjà la faveur de la météo : plus de 60% d’opinions favorables.

Entre des tentatives de récupération et une fermeté à condamner en accusant les organisateurs de fauteurs de troubles, classe politique et organisations syndicales sont partagées. Le débat ne peut se rapporter à la démocratie, le problème concerne le système et le cadre dans lequel il étouffe la démocratie. A l’évidence la démocratie a besoin d’air. Dangereux pour ceux qui bénéficient du système. On ne peut s’empêcher de penser à l’hallali claironné pour entreprendre une poursuite effrénée à l’encontre d’un sénateur qui avait prôné la démarche d’une ville morte. Et même s’il avait eu quelque chance de voir grand monde le suivre dans cette démarche, cela n’aurait-il pas été la preuve d’une volonté de la population d’exprimer son ras-le-bol de n’avoir de considération qu’à jouer le rôle de sacrifié ? Le système peut traverser des crises, la démocratie de son côté cheche à avancer et s’invente souvent de nouvelles formes d’organisation au besoin parfois de marcher sur le système et sur les têtes de celui-ci.

Léo Raz

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