Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Flash
Préc Suiv

Chronique: c’est la fin du printemps

Après les premières averses qui annoncent la saison des pluies, les jacarandas commencent à perdre leurs fleurs qui sont un ravissement pour les yeux pendant notre bref printemps. Les premières averses annoncent aussi l’arrivée des fruits des climats tempérés sur les étals des marchés. Perdus entre toutes les variétés de mangues, quelques abricots un peu malingres et, surprise, de jolies nectarines un peu malingres elles aussi. On attend les pêches et bientôt les prunes. Si vous avez remarqué ces couleurs et que vous vous intéressez aux fruits du marché, vous faites partie des gens heureux parce que vous arrivez à apprécier les petites choses du quotidien trop souvent occultés par l’actualité.

Eh oui… Se demander si on choisira de faire d’abord une confiture d’abricots avant la compote de nectarines ; ou plutôt des mangues confites pour préparer un gâteau de Noël et guetter les premières pêches pour des fruits au sirop ? Quelles questions futiles alors que l’heure est grave et que la question qui suit invariablement les salutations d’usage porte sur le second tour de l’élection présidentielle. Il s’agit de notre avenir voyons, on veut savoir à quelle sauce on sera mangés demain.

Sans être dans le secret des dieux, on sait déjà qu’on sera mangés à une sauce réchauffée. Or, on le sait tous, réchauffer une sauce n’est pas nécessairement une bonne idée. Une fois qu’on l’a dit, que fait-on ? On peut prendre le temps d’apprécier un peu de légèreté, cela ne peut pas faire de mal dans un monde qui se prend très au sérieux.

Cette maladie n’est pas propre à Madagascar et pas spécifique aux périodes électorales. Submergés par les mauvaises nouvelles, d’ici, d’ailleurs, de partout, on se dit que c’était mieux avant et que le monde va de mal en pis. Dans la version locale de ce pessimisme de rigueur, l’âge d’or se situe très précisément entre 1960 et 1972. Depuis, c’est la chienlit.

Chienlit pour chienlit, je m’en retourne au marché choisir mes fruits du printemps. Parce qu’en janvier, j’aurai un président, mais plus d’abricots.

Kemba Ranavela

 

Les commentaires sont fermées.