Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Flash
Préc Suiv

Chronique: Événement charnière

L’Armistice qui a mis fin à la Grande Guerre le 11 Novembre 1918 a été célébrée à Paris sous une forme inédite. Le mélange de simplicité recherchée et de souci d’élégance a réussi à donner un ton aussi aérien que grave à la cérémonie. 100 ans après l’événement, la célébration a prêté l’opportunité de rappeler une comptabilité morbide, de ranimer la flamme de l’âme de patriote, pour faire des horreurs un devoir de mémoire tout en se gardant de tomber dans le piège du nationalisme. Le message ne s’est pas arrêté là, un aréopage de 70 chefs d’état et de gouvernement où se mélangeaient les représentants des pays (alliés ou ennemis de l’époque) qui ont pris part à la guerre, pour symboliser l’idéal qu’est la paix. La cérémonie a laissé l’impression que l’on célèbrait la paix pour ne pas oublier la guerre passée autant que pour exorciser des menaces présentes la situation du moment. La performance réussie par cette célébration a consisté d’une part à faire une place d’honneur à la puissance ennemie de l’époque, et d’autre part à évoquer des sujets qui fâchent avec le grand allié des deux guerres.

Derrière ce contexte planaient en toile de fond les horreurs de la guerre de Syrie et les abominations au Yémen. L’évocation d’un bal de faux-derches pourrait se justifier : rien ne vaut la paix sauf que cesser la vente d’armes pour alimenter les guerres constituerait un lourd sacrifice…

On serait enclin à croire qu’il s’agirait  de dresser une table non pour discuter d’une paix mais pour négocier des parts de marché ? Rien de nouveau à l’horizon ! Du reste on a autant évoqué la période qui a précédé la première mondiale que celle d’entre les deux guerres pour mieux alerter sur les schémas actuels qui, sans besoin de le dire, présentent à certains égards bien de similitudes. Les guerres se perpétuent dans le monde, le souci essentiel consiste en une implication afin qu’elles n’embrasent la planète entière ou ne s’invitent chez soi. Par dessus les alliances officielles se dressent en filigrane les ententes tacites.

Savoir choisir son camp reste le problème des petits pays. Dans les relations internationales le profit demeure le centre des intérêts, il n’y a pas de cadeau à se faire. Si dans leur apparence les règles de la diplomatie tendent à se dépoussiérer, et que plus facilement on appelle chat un chat, dans le fond la démarche reste la même. Tout se vend et s’achète, rien ne se donne. Dans cette optique, à la ruse est venu s’ajouter le cynisme. Les courbettes ne font plus argument, d’ailleurs l’ont elles jamais réussi à l’être ? Toutefois si on a fini des relations de maître à valet, le rapport entre puissant et faible risque encore de fausser la valeur de l’objet sur lequel porte une négociation.

 

Léo Raz

 

Les commentaires sont fermées.