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Pérégrinations hebdomadaires: exorciser des perturbations l’environnement électoral

On voudrait bien accorder à tous les candidats à la présidentielle le bénéfice d’une présomption d’honnêteté lorsque chacun d’eux clame prétention à n’agir que dans le seul souci de servir les intérêts supérieurs du pays et du peuple. Dans un régime démocratique respectueux de la liberté des individus, l’apparition d’idées divergentes n’est que normale et le choc entre des avis opposés est inhérent au fonctionnement du système. La bataille du choix entre maintien de la tenue de l’élection au 7 novembre et renvoi à date ultérieure n’a pas vraiment eu lieu, au-delà des escarmouches d’arrière-garde engagées par le camp de ceux qui réclamaient le report de l’élection. Une position délicate, considérée ambiguë par une partie de l’opinion, présentait l’objet du combat comme une cause perdue au départ. En prenant du recul on serait enclin à penser qu’une vision à l’avance des conditions pour tenir cette élection a fait défaut à ceux qui se sont engagés à y prendre part sans en avoir anticipé sur les risques des dérives qu’ils ont relevées un peu tard. Si elles ne constituent pas un aveu de manque de perspicacité, ces considérations tardives pour le moins les ont handicapés pour mener campagne, quelle situation inconfortable que de développer une opération de séduction pour conquérir des suffrages lors d’une élection dont à la fois on combat la tenue au prétexte que les conditions vouent cette élection à n’être que «grande supercherie».

Campagne sans flammes

Question bruit on est gâté. On ne peut pas dire que les tapages manquent, encore que l’on peut se féliciter du fait que les nuisances sonores n’atteignent pas le niveau que l’on aurait pu craindre en considération du nombre de candidats. Si les 36 devaient développer les mêmes moyens que les deux ou trois grosses pointures pour occuper le terrain d’une présence bruyante, ça aurait fait des quelques grands chefs-lieu de véritables capharnaüms où l’on ne se serait plus entendu. Certes il n’y a que quelques villes qui sont concernées, ce qui est du reste étonnant, en contradiction avec la géographie humaine de l’île : 75 % des électeurs vivent en milieu rural, la campagne que mènent les états-majors favorise davantage les villes. Hors les grands meetings dont chaque organisateur se satisfait d’avoir réuni des foules qui parfois prêtent plus oreille aux animations musicales qu’elles n’accordent écoute aux messages, tous aimant à confondre le petit enthousiasme que soulèvent les promesses aux trémoussements du public scandés par le rythme des tambours. N’empêche que la formule fait recette et dans les endroits déserts de spectacle ça constitue des événements dont le bouche-à-oreille assure ample écho. Mais insuffisant pour provoquer de réels élans, en l’absence de véritables enthousiasmes à soutenir la candidature d’un tel ou de tel autre il n’apparaît de véritables affrontements partisans, des phénomènes qui assurent une âme aux élections. C’est tant mieux. Peut-être le signe d’une réflexion plus que celui d’un réflexe de la part des électeurs, ou à l’inverse la réaction d’une population penchant davantage à s’investir dans un enrôlement de type mercenariat  plutôt qu’à assumer le vote dans un esprit de responsabilité citoyenne. Dans cette hypothèse, les mercenaires de ce type n’exprimeraient qu’indifférence à la proclamation des résultats en se dispensant de toute réaction citoyenne. Considération qui prête à croire à une diminution des risques de troubles post-électoraux. Sait-on jamais pourtant, mercenaire un jour…

Grands ou petits candidats, après la défaite même combat

Au lendemain des résultats, s’il doit y avoir un second tour, 34 candidats auront la gueule de bois, réveil amer après les ivresses d’espoir. Mêmes ceux qui n’ont caressé de chance de succès qu’en bibinant au biberon des illusions, risquent la présentation des factures d’une déception. Outre la déconvenue des résultats nombreux réaliseront l’énormité des dépenses : des milliards pour ça ! Diverses pourraient apparaitre les réactions. Naturellement certains inclineront à considérer ces dépenses de campagne comme des investissements et logiquement seront conduits à penser retour d’investissement. Les battus auraient tentation à ne regarder que le bout de leur nez, et quelles que furent les conditions du déroulement de l’élection, les réactions ne seraient pas autrement, sauf si…

Tout dépend de la mentalité des acteurs politiques. On ne peut évidemment pas occulter du comportement de l’acteur politique d’avoir le souci d’une stratégie au service de sa carrière même s’il se consacre à l’idéal de défendre ses idées. Dans cette optique il existe des règles à respecter, telle celle de se soumettre au verdict des urnes. A l’expérience du passé, il est difficile de croire que la classe politique locale considère l’acceptation de ce verdict comme règle essentielle pour que vive la démocratie. Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. Dans cette veine, ici qui veulent noyer une élection de concert accusent les conditions de sa tenue. Le prochain pas à faire pour réaliser un progrès serait de se prendre à temps pour entourer de meilleures précautions et de bonnes conditions les consultations populaires. De mauvais coucheurs et mauvais perdants il en existera toujours mais ils trouveront moins de possibilités à soulever des troubles lorsque des lois électorales soucieuses de préserver l’égalité de chance des candidats autant que garantes de la rectitude des résultats réglementeront le système.

Léo Raz

 

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