Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Flash
Préc Suiv

Chronique: confort zéro

Monter au front pour participer à un concours tout en menant un combat opposé au maintien de la course, exigeant le report de la bataille dans laquelle on s’est engagé : inconfort de la situation de ces candidats qui réclament l’ajournement de la présidentielle. Les arguments qu’ils avancent ont de quoi troubler l’opinion nationale et interpeller la «conscience» internationale, gardienne des codes de rectitude en matière de démocratie et sur les questions de respect des droits humains. La communauté internationale parfois n’hésite pas à se faire violence en se faisant des devoirs d’ingérence. Il arrive que les initiatives d’ingérence soulèvent réprobation et provoquent scandale, cependant à d’autrefois les interventions parviennent à revêtir l’image d’une expression naturelle par souci fraternel. A cet effet les USA se sont prononcés, la sentence est claire, il faut avancer, coûte que coûte tenir l’élection le 7 Novembre. Les gestes, la manière et le cadre pour formuler cet avis auraient pu faire de ces propos une provocation insultante, on imagine mal une délégation malgache à la Maison Blanche émettre au Président des USA  un avis sur l’opportunité ou non de tenir les élections à mi-mandat alors qu’une atmosphère de violence s’invite pour détériorer le climat de la campagne électorale. Sauf l’inversion des rôles le schéma a été identique. Relever l’incongruité de la scène ne suffit pas à soulager de l’inconfort les candidats combattant pour l’ajournement de l’élection. Inélégant et injuste de  faire un procès d’intention. Leur accordant le bénéfice d’une présomption d’honnêteté dans la démarche, on est toutefois réduit à constater qu’ils n’ont pas su anticiper sur la réduction de leur marge de manœuvre. Quand ils prennent prétexte les risques de trouble au lendemain des résultats, leurs adversaires sous-entendent l’appréhension de la publication des scores qui travaille chacun d’eux. Même si le mental de la gagne les a abandonnés appeler au boycott ne leur est pas une solution, ça ne ferait que favoriser les adversaires que sans nommer ils accusent de tirer les ficelles des «malfaçons» qui gangrènent le mode des élections. Le vin est tiré, lors même que ça ne serait qu’une piquette, il faut le boire jusqu’à la lie. Et si d’aventure les urnes opéraient un miracle et que les résultats qualifiaient pour le deuxième tour l’un des candidats récalcitrants à la tenue de cette élection, qu’en serait-il de la position de ses frères d’armes pour ce combat à la fois que concurrents dans la bataille ? Décidément cette élection ne promet pas d’issue idéale, toutefois même pis-aller il n’est de solution qu’à y aller.

 

Léo Raz

 

Les commentaires sont fermées.