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    Haingo Rasolofonjoa : Le fokonolona dans toutes ses dimensions est le  vrai socle de developpement

    Le concept de Fokonolona fait partie intégrante de nos valeurs et de nos racines car il ne s’agit pas seulement d’un cadre d’organisation sociale mais c’est aussi un symbole d’attachement à la terre de tout un peuple dans ses spécificités. Le candidat au dossard N°1 Haingo Rasolofonjoa qualifie le fokonolona de dépositaire de nos valeurs et de socle de notre politique de développement national. Il existait dans le temps des tentatives pour le valoriser mais ce n’était que des expériences très vite abandonnées pour diverses raisons et quand on parle de redressement national devait-il souligner, le Fokonolona  est au cœur de cette opération. INTERVIEW

    QUESTION : Dans ce contexte difficile,  le redressement socioéconomique  est un leitmotiv. A votre avis que revêt réellement ce concept ?

    H.R : Ce  concept a émergé du milieu politique  après un constat d’échec répétitif de nos œuvres  de développement national. Cela suppose en réalité qu’il y a des erreurs de diagnostic de nos problèmes fondamentaux. Quand on n’identifie pas d’une manière rationnelle  les différents facteurs qui constituent les blocages réels du système, on ne peut pas trouver les solutions qu’il faut . Ce redressement socioéconomique est donc une opération qui consiste à bien identifier d’abord les différents éléments constitutifs  des socles réels  de développement et à mettre en place une stratégie de développement adaptée à notre société et à nos spécificités. Comme le développement est  un concept général,  il existe toujours un risque de mauvaise identification des socles, de dispersion des stratégies et des moyens à mettre en œuvre.  Je suis convaincu que c’est exactement le cas de Madagascar.

    QUESTION : Quand vous parlez des socles fondamentaux. Lesquels spécifiquement pour le développement national ?

    H.R : Avant tout, notre société dans ses dimensions, ses composantes, son fonctionnement et son environnement. C’est pour dire clairement qu’un développement doit partir de la base et  dans le strict respect des dimensions culturelles ou autres de cette société de base pour éviter un choc ou un traumatisme qui entraînent automatiquement un rejet. Je prends par exemple l’erreur grave commise par l’Etat en écartant le fokonolona des structures administratives dans le système hiérarchique des collectivités décentralisées.  Quelques conséquences graves de cette erreur  étant  par exemple cette recrudescence de l’insécurité, cette indiscipline généralisée, cette perte des valeurs. Pire encore, c’était plutôt le pouvoir colonial  à l’époque qui avait donné de l’importance à cette organisation sociale de base pour asseoir son autorité. Les régimes qui se sont succédé au pouvoir ne pensent au fokonolona que pendant la période électorale. Quand on ouvre le débat sur le problème national, on a tendance juste à résoudre les problèmes politiques et on néglige les problèmes basiques de la société. Un développement est avant tout un état d’esprit collectif mais comment arriver à ce stade si au niveau de nos sociétés de base, l’Etat n’arrive même pas à mettre en place des infrastructures ou des organisations symbolisant le point de départ de développement. Le bureau de fokontany  qui doit être l’exemple visuel de l’organisation sociale et administrative des sociétés de base reste le bâtiment le plus mal loti du village ou du quartier. Comment parler de la politique sanitaire alors que plus des trois quart des fokontany ne disposent pas d’approvisionnement en eau potable ni des animateurs sociaux. De quelle politique agricole parlons nous quand il n’existe même pas ni des petites infrastructures de maîtrise de l’eau ni d’encadrement dans nos milieux ruraux qui englobent plus des 85% de la population. Et même s’il existe quelques points géographiques naturellement fertiles et productrices, ils ne servent à rien en termes de développement quand les routes de desserte sont totalement absentes. Quand je parle de premier socle de développement c’est avant tout notre société de base dont les  divers composants doivent être préparés culturellement, psychologiquement, en terme de formation , d’encadrement et d’organisation pour être les acteurs effectifs et actifs dans n’importe quelle politique de développement. Or ce n’est pas le cas. Ce qui existe est une forme de développement parachuté par un Etat qui fonctionne comme un Etat providence mais qui manque cruellement de vision, d’organisation et des moyens  et cela démobilise la population en général.

    QUESTION : On a l’impression que quand vous parlez de société de base cela concerne surtout les milieux ruraux ?

    H.R : Je parle des  sociétés de base en général qu’elles soient rurales ou urbaines. Mes exemples dans les milieux ruraux sont en amont de tous nos problèmes qui s’enchaînent et qui provoquent le système des causes à effets. La désorganisation totale de la vie urbaine est surtout provoquée par une surpopulation engendrée par l’exode rural.

    QUESTION : Voudriez-vous alors adopter une politique de développement presque à l’envers de ce qui existe depuis toujours ?

    H.R : Mes explications ne veulent pas dire qu’on va d’un extrême à un autre. On ne peut pas se passer de politique de développement global partant du système macroéconomique ou autre mais il faut adopter un système de développement qui atteigne rapidement les sociétés de base et qui intègre d’une manière effective les sociétés de base. Il y avait des tentatives très réussies dans le temps  comme la politique d’animation rurale et les travaux au ras du sol durant la première République, la responsabilisation du fokonolona pendant la période transitoire des années 70 et la démocratisation de l’enseignement pendant la deuxième République mais tout cela n’était que  des expériences très vite abandonnées. Ce ne doit pas être la théorie qui dicte notre développement national mais c’est la théorie qui doit partir de nos réalités nationales. Notre erreur est d’être obnubilé par les grandes théories  universelles de développement  et nous avons cherché tout simplement à les adapter par force à nos réalités avec toutes leurs spécificités et nous avons du mal à atteindre les objectifs escomptés. Finalement, nos constats sont amers et nous nous contentons de parler des taux de croissance qui ne traduisent  pas en fait les réalités.

    QUESTION : Il n’existe pas de développement en vase clos. Comment adapter les théories universelles de développement à nos réalités ?

    H.R : Je ne parle même pas ni de guerre d’école ni des bonnes ou des mauvaises théories. Je parle tout simplement d’une politique de développement qui répond directement à l’aspiration de la population  et à la quelle elle est  fortement impliquée. Nous avons déjà cette organisation sociale à la base qui est une entité importante de cadre d’organisation et de mobilisation sociale.  Il revient à l’Etat de mettre en œuvre une politique de proximité à son égard agencée avec la politique générale de développement national.

     

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