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Chronique: fahavalo

En 1947, ils étaient des « fahavalo », des ennemis. Ils ont participé à l’insurrection qui a enflammé le pays le long des voies de chemin de fer et sur le littoral oriental.

Marie-Clémence Andriamonta-Paes est allée recueillir les témoignages des derniers fahavalo. lls ne sont pas nombreux. Plus de 70 ans après l’insurrection, la plupart des rebelles sont décédés. C’est que, pour avoir vécu les « événements » et en avoir des souvenirs fiables, les derniers survivants ont au moins 90 ans.

Cette histoire, notre histoire, est entourée d’un halo de tabous qu’on exhume timidement le 29 mars mais qu’on connaît assez peu finalement quand on n’a pas accès à la littérature universitaire.

Fahavalo : ennemi. Mais de qui et de quoi ? Si la réponse semble d’abord évidente, les témoignages nous rappellent que la frontière entre les bons et les méchants l’était moins qu’on aimerait le croire. Comme dans tous les conflits, il y a eu en 1947 des résistants mais aussi des collabos. Les Malgaches ne formaient pas un bloc uni et homogène, pas plus que les Français de Madagascar d’ailleurs.

Le flou de la ligne de fracture entre les bons et les méchants explique en partie le silence, celui de nos aînés et le nôtre aujourd’hui, sur cette période douloureuse de notre histoire récente. Mais pas seulement.

L‘un des témoignages propose un autre élément de réponse. Faisant référence aux insurrections qui ont embrasé l’empire colonial français au lendemain de la seconde guerre mondiale, il souligne que les Algériens et ceux qu’on appelait les Indochinois ont gagné leur indépendance les armes à la main.

Notre insurrection s’est soldée par une reddition et l’humiliation de cérémonies mises en scène dans les villages pour montrer la force de la puissance coloniale.

Il reste quantité de documents à étudier pour mieux comprendre « 1947 », sans doute encore quelques témoignages à recueillir, vite, très vite.

Le documentaire de Marie-Clémence Andriamonta-Paes est une fenêtre. A nous de l’ouvrir pour nous approprier enfin notre histoire.

 Kemba Ranavela

Fahavalo, Madagascar 1947, un film de Marie-Clémence Andriamonta-Paes.

 

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