Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Flash
Préc Suiv

Chronique: des mille et des cents candidats forcément quelques pisteurs

Jour J des résultats comme en tous domaines pour toute épreuve, le moment apporte joie aux uns et provoque de la peine à d’autres. A l’évidence le baccalauréat, (puisque c’est de ce diplôme et des candidats à cet examen qu’il s’agit,) garde encore tout le mythe dont on l’entoure et conserve le prestige de représenter une des clés qui ouvre sur un avenir prometteur, même si souvent on est réduit à jeter le flou sur les promesses dont il est question, afin de les rendre souriantes avant qu’elles ne s’évaporent en fumée. On imagine la fierté de la jeune fille ou du jeune garçon qui dans sa famille, est la première ou le premier à avoir réussi à crever la barrière. Les siens reconnaissent en sa réussite l’exploit d’un «ouvreur» ayant réussi à percer une piste pour par la suite rendre celle-ci naturellement familière aux cadets. Dans les familles qui fêtent le succès de l’un des enfants comme on fête la victoire d’un pionnier, on n’a pas fait encore l’expérience des déboires des lendemains. Après tout, mêmes celles qui en ont vu pour l’un de leurs fils les affres d’un horizon bouché après un bac en poche, ne se résignent pas à bouder le plaisir de la réussite d’un autre, et perpétuent le mythe.

La nation ne peut que se réjouir de ces moments où l’on couronne la jeunesse pour avoir franchi par milliers une étape, un signe d’élévation qui tire l’ensemble de la population vers le haut. Malheureusement le constat s’arrête là, il semble même faire tache sur le paysage quand les conséquences ne sont pas à l’avenant. Nombre d’observateurs avertis, en considération de la situation générale, craignent que de ce flot de jeunes ivres de joie ce jour, nombreux ne viennent grossir demain les rangs des déçus et des aigris et ne réalisent avec amertume qu’ils n’ont ni place ni avenir dans le système à la marge duquel ils sont appelés à vivre.

Quelles places dans la société réserve à ces nouveaux bacheliers chacun des candidats à la présidentielle, quelle chance de plus leur apporterait le programme d’actions dont on entend si peu les détails ? L’horizon bouché ne s’arrête pas au bac, même pour ceux qui ont eu la chance, le courage, la persévérance d’aller plus loin de pousser haut leurs études, le projet peut s’effacer comme s’il ne s’était agi que d’un mauvais beau rêve : « tu t’es préparé à devenir magistrat, douanier, inspecteur des impôts, officier de gendarmerie, commissaire de police… ? Il faut passer par une grande école ! Il faut réussir au concours d’entrée ! En as-tu les moyens ? » Chacun a compris que dans la situation actuelle les moyens sont au-dessus des moyens de la moyenne classe. À l’instar de la lutte contre les dahalo, la lutte contre la corruption ne peut se satisfaire de simples « opérations coups de poings » montées en spectacles d’opérette. Seule une détermination à mener une guerre totale permettrait de venir à bout de ces fléaux (cancer-corruption, phénomène dahalo).

Dans les rangs des candidats, que celles et ceux qui ont cette détermination lèvent la main, mais en annexe obligatoirement déclarent que ce n’est pas pour autant qu’ils verseront à gouverner en potentat, s’engageant à se gendarmer de ne dépasser ni d’outrepasser la légalité et encore davantage à ne pas tripoter les lois dans le seul souci d’adapter celles-ci à leurs seuls profits selon leur fantaisie. Gentil rappel : code de la communication, lois électorales. Quel que soit la question que l’on aborde, par n’importe quel bout que l’on traite le sujet, fatalement on retombe sur les mêmes travers que s’autorisent de saisir les détenteurs du pouvoir lorsque l’État a perdu la valeur sacrée que consolident les principes républicains.

Depuis des années des signes alertent d’une volonté hypocrite à vider l’État de son autorité, autorité que les forces qui se sont succédé au pouvoir ont petit à petit confisquée à leur profit. Depuis plus de 20 ans, malgré des alternances dans des circonstances houleuses, inamicales, parfois anti-constitutionnelles sauf selon ce qu’en a apprécié la H.C.C., tous les régimes se sont ligués dans une complicité tacite mais ô combien active, pour couper la jambe à la « décentralisation ». Jamais un seul n’a manifesté l’idée de rompre avec cette forme de décentralisation contre-nature, une supercherie monstrueuse : à la tête de la principale collectivité décentralisée la Région, un hideux Chef non élu par la population, parachuté par le pouvoir central. Plus de vingt ans à se relayer de façon complice pour chanter les louanges d’une décentralisation qui n’en est pas une. Personne n’est dupe, la duperie n’est donc plus, mais l’escroquerie demeure. On aurait tort de conclure que du fait que la population ne s’en formalise pas, les gens n’apprécient donc pas la dangerosité de ces dysfonctionnements organisées. On ne peut non plus taire la patience dont il a fallu faire montre avant que l’Etat n’accouche aux fers d’une Haute Cour de Justice. Cette fois-ci, il s’agit de faire mouche et de tirer le bon numéro. Chacun des 9.990.000 électeurs certes dispose de sa liberté pour choisir la personne pour qui voter, chacun des 36 Candidats caresse de son côté l’idée de l’emporter, la réalité veut de vainqueur il n’y en ait qu’un ou du moins deux pour ce premier tour. Comment leur faire comprendre que le suffrage des uns et des autres est pour le moment suspendu aux engagements précis que l’on attend, davantage qu’aux engagements dont eux-mêmes entendent dicter la teneur. Nombreux plus qu’à écouter la population, formulent au nom de la population les doléances, style «ils font nos questions, et font leurs réponses».

Léo Raz

Les commentaires sont fermées.