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Vente de bois précieux: des ONG environnementales contre le « Business plan »

Vente de bois précieux: des ONG environnementales contre le « Business plan »

A la présentation de Madagascar de son « Business plan » au comité permanent de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites), ce 2 octobre à Sotchi en Russie, Transparency international-initiative Madagascar (TI-IM) et l’Alliance Voahary gasy (AVG) émettent certains réserves.

A travers un communiqué officiel publié sur le site de la TI-IM, en date du 28 septembre, la TI-IM et l’AVG considèrent effectivement la commercialisation des bois de rose saisis, stipulée dans ce « Business plan » après audit des bois précieux à Madagascar, comme une indemnisation auprès « des barons de bois précieux » par peur de représailles.

« Le nouveau plan ne prévoit aucun mécanisme de surveillance ni de contrôle des produits des éventuelles ventes de bois précieux par l’Etat malgache. Il est également tout aussi silencieux sur l’impact que pourrait avoir cette vente sur l’exploitation illégale et le trafic de bois précieux », ont souligné ces deux organisations dans leur communiqué. De poursuivre qu’«aucun mécanisme n’est prévu pour assurer la traçabilité et la transparence de l’utilisation des fonds que générerait une éventuelle vente des stocks de bois précieux ». Ces deux organisations ont conclu que « c’est un grave renoncement à l’Etat de droit et une extorsion flagrante, dont les premières victimes seront une fois de plus l’environnement et les contribuables malgaches ».

Promouvoir la vente

Effectivement, un protocole d’accord a été signé jeudi entre le ministère de l’Environnement, de l’écologie et des forêts (MEEF) et la FAO, afin de promouvoir et d’encourager la commercialisation des bois précieux. Parmi les propositions du nouveau « Business Plan » figure l’élaboration de l’Avis de commerce non préjudiciable (ACNP) pour chaque espèce de bois précieux. Il a également été stipulé qu’une fois une partie des stocks de bois précieux auditée et sécurisée par les autorités, celle-ci pourra faire l’objet de vente. Le produit de ces ventes doit être reversé  au budget général de l’Etat (25%) et au budget des collectivités territoriales (25%). Les 50% restants devront être affectés à des actions en faveur de l’arbre.

Un plan encourageant les impunités

Pour la TI-IM et l’AVG, valider ce « Business Plan » équivaudrait à ouvrir les portes de notre pays aux impunités et à la corruption, ainsi qu’à les institutionnaliser. A rappeler que le directeur exécutif de l’Environmental investigation agency (EIA), Alexander von Bismarck, dans son rapport émis le 27 septembre, avait annoncé qu’« accepter le plan de Madagascar enverrait un message d’encouragement au crime organisé et créerait un dangereux précédent pour d’autres pays qui ont saisi du bois volé ». L’EIA a effectivement été témoin des conséquences dévastatrices de ventes de stocks de bois précieux mal organisées dans d’autres pays, dont récemment en Guinée-Bissau.

 La première version rejetée

Lors de la 69e réunion du comité permanent de la Cites en Suisse en 2017, une première version de ce « Business Plan », proposée par l’Etat malgache, avait été rejetée. Selon l’avis du comité, certaines dispositions prises dans le plan devraient faire l’objet d’une révision, notamment sur la mise en œuvre du plan d’action pour l’application de la loi sur l’exploitation illicite des bois précieux et les auteurs. Par conséquent, l’embargo sur l’exportation des bois précieux est toujours retenu depuis.

Sera R.

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