Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Flash
Préc Suiv

Chronique: vos papiers s’il vous plaît

Si vous lisez cette chronique, vous avez très probablement un acte de naissance, une carte d’identité nationale et votre nom est sans doute inscrit sur les listes électorales. Cela ne vous obligera pas à voter le 7 novembre. Néanmoins, si vous estimez que voter est un devoir, vous pourrez tranquillement, muni de votre carte d’électeur et de votre carte d’identité, vous rendre dans un bureau de vote.

Peut-être faites-vous partie de ces citoyens qui se demandent pour qui voter, de ceux qui se désintéressent des élections  et ne sont pas sûrs de se déplacer pour voter ? Quelle que soit votre réponse, vous êtes chanceux parce que votre existence est attestée par des documents plus précieux qu’il n’y paraît.

Imaginez en effet qu’il y a en 2018, année de recensement de la population et année électorale, un nombre non négligeable d’individus qui vivent à Madagascar mais qui n’existent pas. Ils vivent sans acte de naissance, sans carte d’identité nationale et sans carte électorale. A l’aune de cette donnée qui n’est pas un secret, nos petites cartes cartonnées sont des privilèges dont nous ne prenons pas toujours conscience.

Parmi les précieux documents qui font de nous des privilégiés, l’acte de mariage délivré à la mairie prouvera, par exemple, que le monsieur que vous appelez votre mari est bien votre époux devant la loi, les allocations familiales et les services de santé. Ce n’est pas anecdotique si l’on pense à nos nombreux concitoyens, célibataires devant la loi, qui se considèrent mariés parce que leur union est reconnue par leur communauté (famille, village, clan). Or dans la plupart des familles, c’est précisément le mariage dit traditionnel qui officialise l’union.

Nous nous accommodons des incohérences de notre société à plusieurs vitesses et nous contentons d’une lecture folkloriste des traditions, en opposant anciens et modernes. Soyons audacieux, revisitons les mariages et réconcilions-les devant la tradition et devant la loi. Ah l’audace ! Cela donnerait presque envie de voter le 7 novembre.

 

Kemba Ranavela

 

Les commentaires sont fermées.